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Publié par Gérard Poujade

En commission permanente, la question a été posée de l’implication de la position du Ministre MACRON sur la simplification de l’ouverture du marché des lignes d’autocaristes.

Les postures des uns et des autres sont très significatives du mal à réformer la France. La plupart des positions sont plutôt défavorables et personne ne se précipite pour défendre ou simplement étayer la réflexion sur un tel sujet. Listons les objections qui se font jour :

  • Cette libéralisation compromettrait l’équilibre et le développement du trafic voyageurs de la SNCF.
  • Cela mettrait sur les autoroutes des véhicules qui contribueraient à polluer d’avantage et dégraderait encore notre bilan carbone.
  • Cette « libéralisation » se ferait au profit du « grand capital »
  • Il serait mis en place les « transports du pauvre ».

Reprenons chaque objection et reprenons des faits plus que des dogmes.

Le danger pour le trafic SNCF.

Dans les mots employés pour indiquer ce danger, on évoque la difficulté à tenir les petites gares des transports régionaux ferrés qui s’arrêtent en moyenne un peu moins de tous les 20 kilomètres. Le projet porte sur des lignes interrégionales de plus de 200 kilomètres. L’écart est tel que l’on imagine mal une concurrence réelle entre ces 2 types de transports, tout au plus les dessertes grandes lignes.

De plus dans les pays ou l’ouverture du marché a eue lieu, la conversion des passagers n’a pas impacté les fréquentations ferroviaires.

Enfin, il est notoire de dire que la SNCF est favorable à cette mesure !

Cette objection apparaît bien comme une erreur.

La pollution sur les routes.

Là aussi, la méconnaissance des chiffres poussent à la réaction d’instinct plus qu’à l’analyse des chiffres. Si l’on prend la moindre calculette carbone, on peut constater que la trace de C02 est quasiment identique pour le train et l’autocar. Chacune d’entre elle représentant 7 fois d’impact que le même trajet en voiture. ET je m’étais laissé dire (pardon, je n’ai pas retrouvé la source) qu’un car, rempli de 30 passagers, générait - en coût global – 4 fois moins de CO2 que 30 passagers dans un train.

L’objection de la pollution CO2 est donc entièrement fausse.

La libéralisation se ferait au service du grand capital.

Aujourd’hui, il existe 2 grandes sociétés qui gèrent des bus : Eurolines, dont l’actionnaire principal est VEOLIA et IDBUS dont l’actionnaire principal est la SNCF. Il est intéressant de noter que la SNCF avait vendu en son temps sa participation dans Eurolines au profit de VEOLIA, et que l’opérateur historique s’est retrouvé à recréer une société dont les résultats ne répondent toujours aux attentes de leurs créateurs. En fait la mesure, au contraire de l’objection indiqué, ne profiterait pas au grand capital, mais permettrait certainement à des opérateurs locaux (régionaux) de trouver une place sur un marché qui leur est inaccessible.

Cette objection est fausse. Au contraire, c’est la situation actuelle qui est favorable à une entreprise du CAC 40.

Les transports du pauvre.

Aujourd’hui, le moyen de transport collectif le moins cher au kilomètre est le covoiturage. J’invite tout un chacun à jeter un coup d’œil sur blablacar. Chacun pourra voir à quel prix très accessible on peut aller de ville à ville, de pays à pays. Nous avons là les vrais tarifs low-costs du transport.

J’ai entendu que pour aller de Paris à Marseille, les riches prendraient l’avion, les un-peu-moins-riches disposerait du TGV, un cran au-dessous, les trains et en fin de liste, les pauvres donc prendraient les cars. Je rois que ceci est en revanche assez vrai.

Cela appelle plusieurs questions.

Faut-il souhaiter que tout le monde aille de Paris à Marseille en Avion ? Ce serait le plus mauvais des bilans carbones.

Est-il inopportun de mettre à disposition une offre de prix qui laisse du pouvoir d’achat à ceux qui sont les pauvres ? Car pour celui qui doit faire Paris Marseille et dispose de peu de moyens, on ne lui donne pas une offre moins chère et donc plus accessible.

Le mal français… C’est que personne ne fera rien, et chacun de son promontoire restera sur son quant à soi. Les Régions devraient se mettre au travail sur ce sujet. Il existe sur tous les territoires des sociétés locales d’autocaristes. Pourquoi ne pas imaginer la création de structures communes, sous forme coopérative. Le statut de SCIC est un formidable outil pour un tel développement, qui relève de l’économie sociale et solidaire. Je suis convaincu que sur notre région, ou sur l’ensemble qui se dessine sur nos deux régions cela nous permettrait de créer près de 1.000 emplois.

Si la mesure voit le jour, je crains fort que les régions ne se réveillent trop tard. Au lieu de rester craintif devant le danger, je propose que nous soyons moteur en associant les compétences que nous avons capitalisées sur le transport ferré et orientions ces lignes d’autocars grandes distances en complémentarité.

Les autocars « libéralisés », un sujet complexe ? Une opportunité pour les Régions ?
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