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Salle de l'assemblée de Midi-Pyrénées

Salle de l'assemblée de Midi-Pyrénées

S'éloigner de la politique pour (essayer de) mieux la comprendre

Au mois d’avril, j’ai quitté ma formation politique : le parti socialiste. Je l’ai écrit en son temps, le décalage entre le(s) discours et les actes devenait trop important pour ne pas réagir. Depuis lors, cela m’a donné l’occasion de réfléchir à l’action publique et politique, et plus particulièrement le rapport démocratique à la décision publique.

Quel est le caractère démocratique de nos décisions ?

Alors qu’aujourd’hui bât la campagne régionale, il est frappant de constater que le contenu des propositions que peuvent faire les différentes listes est accessoire. Si l’on reprend le film de tout ce qui concerne l’actualité de la campagne dans la presse, la quasi totalité des faits relatés ne concerne que le casting des listes, les états d’âme et égo des uns et des autres et la vacuité globale des propositions.

Etant redevenu un électeur comme les autres, je mesure à quel point la population est insensible aux contenus, étrangère aux enjeux et surtout tenue dans l’ignorance des compétences de la collectivité qu’est une région.

Mais en réaction à cette dernière phrase, je ne veux en rien ajouter à une quelconque théorie du complot où quelques grands manipulateurs tireraient les ficelles pour nous tenir dans cette ignorance. Le système est devenu tel.

Les partis politiques ne remplissent plus leur rôle. Il faut dire qu’ils sont abandonnés par leurs militants. La grande majorité des élus qui restent dans ses formations le font pour accéder à une procédure de désignation autorisant une carrière politique de professionnels de la chose publique. Cela contribue à les couper plus encore du quotidien de nos concitoyens.

Les partis ont pour unique fonction de fournir des écuries. La constitution des listes est édifiante.

Cela ne concerne pas que les régions

Ce mode de fonctionnement existe dans les niveaux de collectivités aux compétences larges... Les municipalités qui, dans un pays de petites communes, peuvent être considérées à part. Les compétences de l’élu sont un vrai souci démocratique.

Pour un électeur, du jour au lendemain, un élu revêt cette apparence de l’omni compétence. Le danger pour les élus est de poursuivre ce quiproquo en faisant croire à celle-ci. La réalité est toute autre.

Il me semble que nous passons à un stade post démocratique. La technicité, le juridisme de nos décisions est un réel souci face au fond que nous souhaiterions mettre en place. Que nous reste-t-il à décider ? Et, pour réflexion plus personnelle, pourquoi s’accrocher, à des options pour lesquelles nous ne pouvons pas réellement décider ?

L'écart est maximal entre ce que savoir savoir un citoyen et la délégation qu'il donne à des élus qu'il ne connait pas.

Même des chefs d'Etat perdent la maîtrise

L’année 2015 et les évolutions de Syriza au cours des consultations nationales participent de ce monde post-démocratique. En l’occurrence, y compris un peuple entier (les grecs) ne peut décider pour leur propre devenir.

Les tentations totalitaires qui courent un peu partout dans le monde trouvent une formulation spécifique en Europe ou le bouc émissaire serait l’Union Européenne. L’illusion ramenée au cas grec, consiste à dire, qu’en dehors de l’Europe, les grecs auraient pu décider pour eux-mêmes. Mais ceci n’est qu’une illusion plus grande encore. Tous les pays ne peuvent décider pour eux-mêmes... de ce que leurs banques les autorisent à faire, ou au mieux (ou au pire) le FMI, le tout par le truchement des agences de notation.

Rappelons nous aussi comment l’avion du chef d’Etat Bolivien (E. Moralès) a été contraint à l’atterrissage pour vérifier qu’il ne cachait pas... un lanceur d’alerte ! Ceci est une autre preuve de la disparition des états et de leur légitimité, Grèce d’un côté, Bolivie de l’autre. C’est bien la preuve que l’on ne considère même plus leur souveraineté.

Si un Etat n’a pas de liberté pour décider qu’en est-il d’une région, d’un département d’une communauté ou d’une commune ? Le cadre des « compétences » de chacune des collectivités génère des discours enflammés à savoir qui sera le plus ou le moins détroussé. Malgré tout, l’absence de capacité d’innovation est un mur du modèle unique.

Pour ma part, rester cohérent

C’est donc en conscience de ce déficit ou décalage démocratique, en cohérence avec ce que sont mes idées, sans aigreur ni amertume, que j’ai décidé de ne pas participer à cette « compétition » électorale.

Tag(s) : #Développement durable, #Midi-Pyrénées, #Regionales2015

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