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Colin Crouch

Colin Crouch

Cet article du Monde sur la prise de conscience des médias américains quant à leur « fabrication » du phénomène Trump est très intéressant. En filigrane, on comprend que dans une société de l’image, il suffit d’être vu – indépendamment de ce que l’on peut bien dire ou faire – qui génère une popularité, pire encore une notoriété.

Il ne faut jamais oublier que la dizaine de candidats républicains au début de la campagne des primaires étaient tous des milliardaires. Et depuis toujours, celui qui a gagné l’élection américaine depuis la guerre est toujours celui qui avait réussi à collecter le plus d’argent pour sa campagne.

Cela me renvoie à une chronique d’Albert Jacquard qui expliquait qu’il n’y avait quasiment pas de hasard dans la détermination d’un classement de championnat de football, car il existait une très bonne corrélation entre les ressources d’un club et son classement final. Ce n’est pas le championnat de France de cette année qui le démentira !

Qu’est ce que cela nous dit sur nos démocraties ? Colin Crouch (politologue anglais) définit le terme de post démocratie. Il évoque le poids de l’argent, l’évolution vers une plus grande faiblesse des états, et un grand déséquilibre des pouvoirs.

Le libre arbitre est la fonction citoyenne qui me paraît la plus importante à développer et à préserver. Je suis frappé par la disparition de cette capacité à pouvoir juger de par soi-même et cette préférence du prêt à penser partout disponible. Et il me semble que ce prêt-à-penser a un fort penchant pour des dérives totalitaires. La part de la violence, du règlement de compte immédiat, de la justice en temps réel, sans la profondeur de l’analyse, de la réflexion est devenue une règle qui concourt à l’affaiblissement du fait démocratique

Mais je ne suis pas pessimiste et je pense qu’il existe une grande marge de manœuvre pour des initiatives citoyennes pour favoriser un développement harmonieux pour le plus grand nombre. Plus j’avance dans le temps de la réflexion publique ou collective, plus je pense que ce sont des initiatives privées qui sont porteuses de démocraties. Que ce soient des projets associatifs ou coopératifs, il existe de réelles opportunités de création de services que ne seront plus portées par la puissance publique.

Il existe deux modes d’actions dans la vie de la cité : l’action politique et l’action privée. Clairement aujourd’hui, la seconde est plus puissante que la première. Et le champ privé que permettent les statuts associatifs, mutualistes, coopératifs est assurément le meilleur moyen de développer un plus grand libre arbitre.

Albert Jacquard disait aussi que des grains de sable faisaient gripper la machine des gros budgets des clubs de foot, même s’ils ne constituaient que des exceptions. Je suis persuadé que face aux tentations totalitaires des initiatives privées et collectives contrecarreront ce qui apparaît comme le fait général... Grain de sable, avait-il dit ?

Tag(s) : #Monnaie, #Développement durable

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