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Pour des politiques nouvelles

Gérard Poujade. Maire du Séquestre. Vice-Président ESS et circuits courts Com. Agglomération Albi

Après le confinement… Produire localement, surtout les besoins de nécessité

Marque de vêtements 100% France

Marque de vêtements 100% France

L’Italie se fait voler un million de masques par la Tchéquie pour respecter un accord avec Trump !

Il va falloir retenir de cette crise que la centralisation et l’hyper concentration de la production de biens vitaux sont un danger pour le citoyen. Une fois que l’on a découvert en France que nous n’avions plus le stock de masques que nous étions  censés avoir, on se rend compte qu’on ne sait pas trop où les produire et comment le faire. Après la crise, il faudrait savoir faire du gel hydroalcoolique, des masques un peu partout sur le territoire. Il ne s’agit pas de technologies très compliquées, les moyens et investissements à mettre en œuvre ne sont pas très importants.

Alors pourquoi ne pas imaginer une fabrique locale tous les 100 ou 200.000 habitants pour ces deux produits ?

Il existe des statuts coopératifs à la fois public et privé (comme les SCIC) qui permettraient d’associer les collectivités, tous les clients potentiels de ces produits (hôpitaux, cliniques, professionnels de santé, pharmaciens, artisans). Ces structures regrouperaient, de manière organique, tous ceux qui auraient ce besoin. Cette capacité de production permettrait de maintenir un stock local permanent, et permettrait en passant en « deux-huit » ou en « trois-huit » de multiplier la production en cas de crise sans avoir à investir. 

L’objectif est de faire l’exact contraire de ce que cherche à faire la mondialisation : concentrer pour diminuer les coûts. Aujourd’hui, on ne peut que constater que cette diminution des coûts ne bénéficie qu’aux actionnaires et ne bénéficient pas aux salariés, ni aux clients, ni aux citoyens.

Les prix deviendraient-ils sensiblement plus chers ? Pas si sûr.

En créant une micro-industrie de ce type, on évite aussi d’avoir les surcoûts d’échelle. Pas de marketing, pas de publicité, pas de système commercial, avec les clients au capital de la structure en des engagements contractuels à moyen et long terme, on fiabilise ce qui est fragile dans toute société concurrentielle : le marché. La société ainsi créée n’a pas des clients, mais des usagers, ce n’est plus du tout la même chose. De la même façon, il n’y a plus d’intermédiaire et de système logistique national. On peut parfaitement imaginer les clients usagers venir eux-mêmes retirer ce qui correspond à leurs besoins.

Cet exemple est le paradigme de ce que nous allons devoir très rapidement inventer. La crise qui se profile est d’une ampleur que personne n’a connu. S’il s’agit de la réplique la plus proche de la crise de 1929, ce que je crois, il va être urgent de mettre en place des modes de fonctionnement où la solidarité sera la dimension prioritaire.

L’exemple que je donne ici pour les masques vaut certainement pour quantité d’autres produits.

Il paraît que plus de 80% des principes actifs de nos médicaments de base sont fabriqués en Chine ou en Inde. C’est pure folie pour un pays d’être démuni, « déshabillé » à ce point. Cela rendra-t-il certains produits plus chers ? Bien malin est celui qui connaît la réponse. Il faudra apprendre à raisonner en coût global pour la société. Comment sera intégré le coût de la crise dans nos prix passés et à venir ?

Il va falloir que les États redéfinissent ce qui est stratégique. Ces produits et services doivent immédiatement sortir du champ concurrentiel. Ce qui est vital ne peut pas fonctionner sous le régime du marché. La démonstration se déroule sous nos yeux durant cette crise.

Mais je me permets d’exprimer un doute sur la capacité des États à prendre de telles décisions. J’invite tous les échelons susceptibles de pouvoir prendre des décisions en matière économique à ne pas attendre les échelons nationaux ou internationaux.

Je crois qu’il y a une formidable opportunité pour la relation directe producteur consommateur.

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