Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Se soustraire, après le confinement… 4 ... La seule solution sera locale

23 Mars 2020 , Rédigé par Gérard Poujade Publié dans #Développement durable, #Le Séquestre

Se soustraire, après le confinement… 4 ... La seule solution sera locale

Et si on regardait de plus près toute cette impréparation mondiale ?

Nous vivions sur une idéologie de la toute-puissance. Le monde n’a jamais été aussi riche. L’ultralibéralisme a écrasé toutes les autres idéologies. La mondialisation a "apporté la preuve du bienfait" qu’elle amènerait aux populations.

Et patatras, tout est faux.

Les fous et les dictateurs sont aujourd’hui pratiquement partout à la tête des pays du monde. Ils possèdent plusieurs traits communs : la corruption, l’incompétence et la cupidité.

 

Qu’en est-il dans nos démocraties européennes ? C’est là que nous découvrons l’incurie.

Comment a-t-on laissé diminué le nombre de lits en hospitalisation d’urgence ?

Où sont passés  1,4 milliard de masques que nous étions censés posséder dans le pays ?

Comment les représentants du ministère de la santé mettent-ils tant de temps à entendre la professeur D. Raoult de l’hôpital de Marseille ?

Comment nous retrouvons-nous devant l’incapacité à pouvoir tester une population ?

 

La réalité est très triste. Nous sommes devenus très faibles, très vulnérables.

Face à cela, que peut faire le local ? Que peut faire le citoyen ?

 

Tout d’abord qu’en est-il du citoyen ?

Il faut arrêter de le faire culpabiliser. Et en cette période de confinement et d’instructions individuelles, tout est en place pour qu’il se sente la cible de toutes les attentions. Alors s’il est indispensable de respecter les règles sanitaires, il va falloir éviter de faire porter la responsabilité de la mauvaise marche du monde sur les épaules de tout un chacun.

C’est pourtant ce que la plupart des gouvernements font sur les questions environnementales. S’il y a trop de plastique dans la mer, c’est la faute aux consommateurs qui jettent et jamais de la faute des gouvernants qui n’interdisent pas les produits en cause. C’est une honte.

S’il y a trop de carbone, c’est parce que les pauvres prennent trop la voiture, mais jamais parce que l’état ne taxe pas les vols intérieurs empruntés par les 20 % les plus riches du pays. C’est encore une honte.

Maintenant face aux désordres mondiaux, quelle va être la marge de manœuvre du citoyen ? Dans les années soixante ou soixante-dix, il existait de grands mouvements de boycott. Les grandes firmes se sont juridiquement protégées. Elles attaquent systématiquement toute initiative en ce sens. Mais il va falloir trouver des solutions pour contrecarrer les prétentions de tous les vendeurs de sodas qui rendent obèses nos enfants. Il va falloir régler la question de tous ces livreurs qui sont sans contrats de travail et dont les donneurs d’ordre détournent les fiscalités pour enrichir quelques riches entrepreneurs voyous. Il faudra trouver comment se passer du made in China qui détruit emploi et cohésion sociale.

 

Ensuite, il y a l’échelon public local.

J’avais été surpris que la ville de New York décide unilatéralement d’interdire le foie gras. 

Si en tant que maire, j’avais par exemple décidé d’interdire un soda américain en guise de représailles, j’aurais certainement fait prendre de gros risques à ma collectivité.

Tout d’abord, c’est l’état français qui aurait attaqué une telle décision. Et devant tout tribunal administratif, j’aurais certainement perdu. Et si cela n’avait pas suffit, les marques concernées auraient pu aussi s’en prendre à notre collectivité.

Mais c’est malgré tout de ce côté là qu’il va falloir creuser. Il est clair que nous ne faisons pas assez. 

Peut-être faudra-t-il lier nos subventions aux associations, aux clubs, à une interdiction de ces boissons de leur buvette. Il faudra aussi certainement interdire les AUT (Aliments Ultra Transformés) que les familles donnent à leurs enfants pour les goûters et autres en-cas.

 

il faudra se protéger indépendamment de ce que l’Etat nous dit qu’il fait. Le constat de cette crise sanitaire le plus effrayant pour le maire en place depuis 20 ans que je suis, c’est que notre état, celui dont nous représentons l’échelon de base, cet état nous cache de l’information et parfois, il nous ment.

Pour moi ce n’est pas supportable de se retrouver sans masques, sans gel et quasiment sans moyens d’interventions.

C’est clair que dès la reprise normale de la vie citoyenne de la municipalité, je vais proposer que nous mettions en place un plant d’anticipation qui va au-delà des traditionnels plans communaux de sauvegarde.

Ne pouvant faire confiance à l’Etat, en collaboration avec les personnels soignants de la commune et de l’agglomération, nous mettrons en place un dispositif préventif. Il ne peut être question qu’un pays tiers – comme la Tchéquie pour l’Italie – nous empêche d’obtenir des moyens de protection. Nous organiserons donc, une gestion locale afin de disposer d’une capacité de réaction locale sans interférence d’un acteur extérieur.  L’objectif est de faire en sorte que des élus à la tête de la collectivité puissent décider librement d’affecter des masques à toute la population, ou décider de réserver ceux-ci aux professionnels de santé les plus concernés.

 

Je suis intimement persuadé qu’il existe une opportunité pour que l’échelon local redevienne supérieur à l’échelon national ou international. 

Pour que l’échelon local reprenne la main, il faut qu’il sache « se soustraire » de ce que le reste du monde veut lui imposer.

Le chantier est immense, mais passionnant.

Partager cet article

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :