Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Le nucléaire, comment en sortir ?

29 Mars 2011 , Rédigé par Gérard Poujade Publié dans #Développement durable

Le drame japonais repose la question de l’énergie, de sa sécurité, de sa disponibilité et de son impact sur le pouvoir d’achat des ménages.

Il y a tout d’abord le scandale de l’opacité des opérateurs nippons du secteur de l’énergie. La société TEPCO, fournisseur de l’électricité de la ville de Tokyo apparaît de plus en plus dépassée par les évènements, et on apprend petit à petit que plusieurs incidents ou accidents étaient survenus dans cette centrale, que le personnel d’entretien est majoritairement composé d’intérimaires – ce qui est la cas aussi en France – et que tout ce petit monde du nucléaire japonais continuerait à s’entendre pour « maîtriser » la communication !

Dans l’histoire de l’énergie, le nucléaire ne sera de toute façon qu’une énergie de transition. Parce qu’elle dépend d’une ressource fossile limitée, parce qu’elle ne peut être entièrement maîtrisée, parce qu’elle pose des problèmes de démantèlement, elle ne constitue pas une réponse aux besoins énergétiques de la planète.

La seule interrogation est la durée de la transition. Donc sortir du nucléaire n’est pas la question, c’est une évidence que devront traiter les gouvernants des 20 à 30 années qui viennent. La véritable problématique est plus complexe :

-          A quel rythme sort-on de l’offre actuellement existante ? Plusieurs pays se sont lancés. Il est temps de ne plus attendre

-          Par quels sites commence-t-on ? La centrale de Fessenheim est montrée du doigt depuis fort longtemps pour sa vétusté. Et l’ensemble du parc va vers une ancienneté moyenne de bientôt trente ans.

-          Comment dépollue-t-on les sites nucléaires ? Le démantèlement des centrales ne va-t-il pas devenir une activité importante sur laquelle la France devrait se pencher avec ses 57 réacteurs à traiter un jour. Il est à noter que la première centrale française, Brennilis en Bretagne, n’est toujours pas démantelée et que les solutions techniques manquent pour dépolluer le site… près de trente ans après sa fermeture

-          Qui va prendre en charge le coût de gestion des déchets à long terme. Aujourd’hui le coût de l’électricité française est en moyenne 20% moins cher qu’ailleurs en Europe parce que les contribuables français ont subventionné les centrales. IL est d’ailleurs assez étonnant que par le biais de la loi NOMES, on oblige EDF à revendre à ce tarif préférentiel et subventionné 25% de sa production d’électricité nucléaire à ses propres concurrents privés. Si le coût de gestion à long terme est ré-inclus dans le prix du kwh fourni au client, l’électricité nucléaire pourrait bien devenir la plus chère du monde !

-          Enfin, comment remplace-t-on cette source de production d’énergie ? Et sur ce dernier point, il ne suffira pas tenir le coule langage qu’il faut seulement consommer moins. C’est certes une évidence qu’il faut toujours répéter, l’énergie la moins chère est celle que l’on ne consomme pas, mais même avec des maisons BBC, les besoins énergétiques demeureront très importants. Cela veut dire concrètement qu’il va falloir dire où se trouveront les centrales photovoltaïques, ou se bâtiront les fermes éoliennes, où se produira le biogaz, où il faudra exploiter la forêt. Et il faudra sortir de cette ambiguïté de vouloir sortir du nucléaire et refuser les projets d’implantation de sites de production d’énergies propres.

 

Voilà, en quelques mots, l’ensemble du problème qui se pose à nous. La seule posture que l’on ne peut adopter consisterait à ne rien faire. Après avoir vidé le Grenelle de son sens, le gouvernement devrait regarder à 2 fois quand il sacrifie la filière photovoltaïque, nous condamnant, à minima, à prendre deux à trois de retard supplémentaire, à compliquer encore le montage de dossier éoliens. Et il devrait surtout sortir de cette logique qui consiste à attendre et voir… un problème de plus pour les générations futures !

Lire la suite

Elections cantonales premier tour

22 Mars 2011 , Rédigé par Gérard Poujade Publié dans #Tarn

Ce premier tour dans le Tarn marque un recul jamais vu de la droite parlementaire. La gauche arrive massivement en tête sur l'albigeois, et le parti socialiste a mis en ballotage des candidats sortants de droite sur Lautrec ou Cordes.

Nous ne pouvons pas nous satisfaire d'une participation inférieure à 50%. On voit bien en tenant les bureaux de vote que ce sont les électeurs de la droite traditionnelle qui ne se sont pas déplacés. En revanche un phénomène inquiétant apparaît : quand il n'y a pas de candidat de droite, le score du front national enfle considérablement. Cela dénote la porosité de l'électorat UMP avec les thèses du FN. Ceci est un phénomène nouveau dont Nicolas Sarkozy porte l'entière responsabilité. A force de mettre en avant les thèse frontistes, celles-ci se banalisent dans la société.

La conséquence sur le terrain, c'est 5 candidats du FN au second tour. Et le coup d'après, c'est la position de Carayon qui renvoie dos à dos le FN et le PS. Je suis choqué par cette absence de lecture de la limite de la démocratie, de la République. Nombre de leaders nationaux de la droite traditionnelle ne s'y sont pas trompés et appellent à clairement voter pour les candidats socialistes qui sont face au FN. C'est ça le sens de la République.

Le mot d'ordre est à la mobilisation... La République, toujours !

Lire la suite

Zoom sur R d'autan

11 Mars 2011 , Rédigé par Gérard Poujade Publié dans #Développement durable

une émission de 3/4 d'heures avec un zoom entre sujets internationaux et locaux.

http://www.rdautan.fr/spip.php?article711

Lire la suite

La filière photovoltaïque menacée

2 Mars 2011 , Rédigé par Gérard Poujade Publié dans #Midi-Pyrénées

Vœu présenté par le groupe Socialiste et Républicain à l'assemblée plénière de la région Midi-Pyrénées du 28 février 2011.

 

Déjà profondément déstabilisé par les deux baisses successives des tarifs d’achat de l’électricité par EDF en 2010, puis depuis le 1er décembre, par un moratoire décidé par le gouvernement qui interdit durant cette période de raccorder au réseau électrique toute installation photovoltaïque supérieure à 3 kilovoltampères ; le secteur photovoltaïque est légitimement inquiet. 

 

Le gel de l’ensemble des projets voulu par le gouvernement remet en cause toute politique efficace en faveur des énergies propres et renouvelables sur le territoire.

 

D’autant que le pré-rapport des deux inspecteurs généraux Jean-Michel Charpin et Claude Trink sur l'avenir du système d'aides publiques à l'énergie solaire photovoltaïque, commandé par le gouvernement, n’est pas de nature à rassurer ce secteur d’activité.

 

En effet, ce document n’apporte aucune perspective. Il ne clarifie pas les objectifs de développement, ne crée pas une véritable filière de l’énergie solaire française et surtout ne prévoit pas les conditions de sortie du moratoire prévu pour le 8 mars.

 

Des questions cruciales demeurent en suspend : Y aura-t-il des quotas ? Quels seront les nouveaux tarifs de rachat de l’électricité solaire ? Y aura-t-il un plafond de production ?

 

La filière s’accorde sur un point : le plafonnement du marché à 500 MW par an serait une catastrophe, un renoncement à une industrie solaire hexagonale. Rappelons que le Grenelle portait à 23% la part des énergies renouvelables en 2020. Sacrifier cette filière, c’est refuser de s’engager pleinement dans la transition énergétique, via la sobriété, l'efficacité et les énergies renouvelables alors que dans le même laps de temps, nos voisins dotent leurs pays d'une avance énergétique et industrielle dont la droite prive la France. L’Allemagne vient de décider d'installer d'ici 2020 des équipements d’une puissance de 50.000 à 70.000 MW.

 

Le solaire photovoltaïque a permis la création d’environ 25 000 emplois sur le plan national : du chercheur à l’artisan couvreur en passant par la production industrielle et la diffusion commerciale mais qu’en sera-t-il demain ?

 

En créant ces incertitudes, le gouvernement sape également le travail des collectivités locales et notamment des Régions qui ont accompagné le développement des énergies renouvelables sur leurs territoires.

 

La Région Midi-Pyrénées réunie ce jour en assemblée plénière,  appelle le gouvernement  à ses responsabilités pour qu’il définisse des règles claires et pérennes qui contribuent au développement du marché photovoltaïque, un secteur représentant un formidable potentiel de création d’emplois et d’exportation de savoir-faire.

Lire la suite