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Le PNACC (Plan National d'Anticipation du Changement Climatique)

25 Juillet 2011 , Rédigé par Gérard Poujade Publié dans #France

Le changement climatique observé et accepté par la communauté scientifique appelle deux actions : une pour atténuer les modifications climatiques, et une pour anticiper les changements déjà connus qui affecteront le pays.

Le PNACC se doit de traiter cette seconde partie.

En 2001, le gouvernement français a mis en place l'ONERC (Observatoire National des Effets du Réchauffement Climatique). Le travail mené par tous les experts et toutes les parties prenantes associées à la consultation est à noter, et l'ensemble des acteurs est à féliciter.

En revanche, les réponses apportées par le gouvernement, présentées par Mme N. Kociusko-Morizet, ne paraissent en aucun rapport avec l'enjeu. Un financement de 170 M€ pour répondre aux défis qui attendent la France paraît comme une goutte d'eau dans ces océans dont le rapport ne cesse de prédire la montée du niveau.

Mme la Ministre donne en exemple ce qu'il faudrait faire pour économiser l'eau. Et de citer la réfection des réseaux pour rattraper les 30, 40, ou 50% de fuite que ceux-ci engendrent.  Les véritables chiffres devraient se situer 10 fois plus haut pour répondre à cette seule problématique.

Il est question de mettre en place des observatoires sur l'évolution des espèces, c'est indispensables, sur l'observation des maladies, tout aussi indispensable, d'écrire de nouveaux cahiers des charges pour les réseaux de transports (des routes qui accepteraient des conditions climatiques nouvelles, des voies de chemins de fer dont la dilatation des rails risquerait de perturber la circulation des trains), toujours une bonne idée. Mais où sont les moyens ?

Pour la seule région Midi-Pyrénées, le plan rail de mise à niveau du réseau régional, c'est 800 M€ qu'il a fallu mobiliser, et ce montant sera insuffisant.

Il est également question de la forêt et du nécessaire changement des essences à planter, mais là aussi, un voile pudique est porté sur les financements.

A plusieurs reprises dans le PNACC, il est évoqué le relèvement des digues pour lutter contre la montée des eaux, là aussi sans chiffrage.

Ce PNACC est plutôt un Plan d'études aux besoins d'Anticipations au changement climatique. Mme la Ministre a voulu faire un effet d'annonce en présentant son plan comme celui qui permettrait d'anticiper, mais la politique réelle et concrète reste encore à écrire.  

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Faites de la politique... en prenant votre café

21 Juillet 2011 , Rédigé par Gérard Poujade Publié dans #Développement durable

Pour changer durablement la gestion politique du monde entier, il y a deux grandes possibilités :

-         Changer le Président des États-Unis,

-         Ou changer, tous, un certain nombre de nos pratiques.

 

La première alternative n’est pas bien commode, principalement si l’on n’est pas citoyen américain. De plus encore faut-il un remplaçant qui change radicalement de politique !

Soit nous déciderions tous de changer de politique. Alors je vous engage… à changer le monde, rien de moins !

Pour cela, je vais vous apprendre comment boire le café.

Leçon 1 : L’achat du café.

Faites en sorte d’acheter du café issu du commerce équitable. Il n’est pas bien plus cher, mais il vous permet de lutter contre la pauvreté dans le monde. Une partie de l’argent de ce café sert à mettre en place des projets de développement sur les zones même d’exploitation. Préférez les labels reconnus (Max Havelaar, Éthique directe), car certains acheteurs mondiaux créent leur propre café équitable avec un label maison plus douteux.

(Chapitre 3  de l’agenda 21 mondial de Rio : lutte contre la pauvreté)

Leçon 2 : le récipient.

Là, le monde se divise en deux. Il y a ceux qui boivent dans un gobelet plastique et ceux qui utilisent une tasse. Le premier choix n’est pas le bon, il consomme de la matière issue pour la plus grande majorité des gobelets de l’industrie pétrolière, cela consomme de la ressource d’une part, et surtout, ce comportement génère un déchet qui n’est pas biodégradable, et qui va coûter à la collectivité pour son enlèvement et son traitement. Le second choix permet une très grande réutilisation. En effet, devant l’absence de statistiques, on peut tout de même évaluer à plusieurs centaines le nombre d’utilisation d’une tasse.

(Chapitre 9 de l’agenda 21 mondial de Rio : la protection de l’atmosphère et gestion économe des ressources fossiles)

Leçon 3 : sucré ou non sucré ?

A ce stade, trois choix s’offrent à vous :

-         Vous ne sucrez pas,

-         Vous mettez un sucre,

-         Vous mettez deux sucres ou plus.

Rien à dire dans le premier cas, si ce n’est que c’est la solution la moins coûteuse. Avec un sucre, le coût sera un peu plus élevé, mais vous avez le droit d’avoir le goût pour du café sucré. Il faut tout de même savoir qu’il existe du sucre issu du commerce équitable (voir leçon 1). A partir du deuxième sucre, vous mettez en péril votre santé. A chaque sucre supplémentaire vous creusez un peu plus le trou de la sécurité sociale.

(Chapitre 6 de l’agenda 21 mondial de Rio : protection et promotion de la santé)

Leçon 4 : lavez votre tasse !

Dans toutes les collectivités, les éviers sont pleins des tasses qui restent à laver. Il y aura bien quelqu’un pour le faire ! Hors dans plus de 80 % des cas, c’est une femme qui va nettoyer ces tasses. La leçon vaut donc pour nous messieurs, en lavant chacun sa tasse, nous participons à une place équivalente pour la femme dans notre société.

(Chapitre 24 de l’agenda 21 mondial de Rio : la place et la participation de la femme dans la société)

Leçon 5 : Que faire du marc de café ?

La destination majoritaire du filtre plein de son marc est la poubelle. Quel manque de discernement ! Ce que vous jetez est essentiellement composé d’eau. La place naturelle est dans votre composteur le plus proche. Si vous n’en disposez pas – tout d’abord c’est une erreur – vous pouvez utilement jeter le marc à la base de vos plantes d’appartement. Si vous ne disposez pas de plantes d’appartements, mais dans quel monde vivez-vous, vous avez enfin la possibilité de verser le marc dans votre évier. Le marc jeté dans la poubelle, ce sont des kilogrammes supplémentaires qui vont également coûter à la collectivité, ce sont plusieurs kilos par ans qui sont ainsi inutilement perdus.

(Chapitre 21 de l’agenda 21 mondial de Rio : gestion écologique des déchets)

Leçon 6 : la machine à café.

Quand vous faites du café, vous êtes oublieux de ce que vous faites. Rappelez-vous combien de fois vous avez laissé votre machine à café allumée, toute une matinée, toute une journée. Qui paie ? Vous un peu et tout le monde beaucoup. Il s’agit d’une dépense énergétique en pure perte. Elle obère votre pouvoir d’achat, et ne vous apporte aucun service. De plus chaque litre de pétrole, de ressource que vous consommez est perdue pour toute l’humanité.

(Chapitre 7 de l’agenda 21 mondial de Rio : Promotion d’un modèle viable d’établissements humains, lutte contre le gaspillage)

Leçon 7 : Et après le nettoyage ?

Une fois la tasse lavée, vous avez à nouveau trois choix :

-         Laisser sécher votre tasse sur un égouttoir,

-         La sécher avec un essuie-tout en papier,

-         La sécher avec un torchon.

La première méthode est la plus sensée. Elle ne coûte rien et ne consomme aucune ressource. Avec un essuie tout, vous consommez beaucoup d’énergie nécessaire à la fabrication du papier, et même s’il existe du papier recyclé, il s’agit en l’occurrence d’un mauvais calcul.

Enfin, si vous devez ranger vos tasses, préférez le bon vieux torchon, il peut être réutilisé.

(Chapitre 11 de l’agenda 21 mondial de Rio : la lutte contre le déboisement)

 

Conclusion :

La première des règles en matière de développement durable est l’humilité et la modestie. Une fois intégrée ce premier niveau de compréhension du monde, la réussite passe par l’abnégation et la reproduction à l’infini dans tous nos gestes.

Si vous faites savoir cette manière de faire de la politique, vous participerez au chapitre 40 de l’agenda 21 mondial de Rio : Informations pour la prise de décisions.

 

PS : Au fait pour le torchon de la dernière leçon, il vous faut savoir qu’il existe maintenant du coton issu du commerce équitable !

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Conseiller territorial… drôle de discours

4 Juillet 2011 , Rédigé par Gérard Poujade Publié dans #Midi-Pyrénées

Comme nombre d’entre mes collègues, j’étais samedi à l’assemblée générale des maires du département. Il y était question de la réforme des collectivités, de l’avancée à marche forcée vers des intercommunalités et regroupements très peu choisis. Mais ce qui m’ a le plus choqué c’est la vision du conseiller territorial dans le discours  de Madame la Préfète.

Je définirais cela par une version « conseiller territorial de proximité ». Ce conseiller qui pourra tout à la fois suivre son collège et son lycée, qui sera ancré sur son territoire et qui pourra défendre les intérêts locaux.

Je ne nie pas les enjeux locaux. Mais je trouve très étrange que l’on puisse imaginer que des élus régionaux ne pourraient pas entendre la nature de ces enjeux là. Nous connaissons bien le territoire régional et savons être particulièrement à l’écoute de tous les particularismes.

Mais dans cette version préfectorale, c’est surtout l’absence d’une vision globale qui m’effraie. Elle me paraît être le reflet d’une idée de la politique où il n’y a pas d’enjeu plus grand que le local. Il y a certes, les inaugurations, les AG des associations, les CA des lycées et collèges. Mais il y a aussi et surtout une vision politique plus large. La région vient de délibérer d’un plan « Midi-Pyrénées énergies » de plus de 260 M€. Ce plan est à l’échelle de la région, pas d’un canton de conseiller territorial, idem pour la compensation carbone, idem pour le dispositif biogaz, etc, etc. C'est la nature de ces politiques qui structure un territoire qui fonde une politique.

Ce conseiller territorial de proximité, qui ne s’occuperait que du local sans implication du global est le travers dans lequel on veut nous entrainer : « occupez-vous des petites choses locales, mais laissez d’autres agir quand il s’agit du global qui au fond ne vous intéresserait pas, pas plus que vos électeurs. »

Penser la politique, c’est d’abord penser globalement.

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