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Les européennes 2019 : même résultat qu'en 2014.

3 Juin 2019 , Rédigé par Gérard Poujade Publié dans #France, #européennes2019

Les européennes 2019 : même résultat qu'en 2014.

Et si finalement rien n’avait vraiment bougé entre 2014 et 2019 aux élections européennes. Les formations politiques, ou plus particulièrement leurs leaders veulent de moins en mois se considérer de gauche de droite ou d’extrême droite. Mais rien ne nous interdit de le faire à leur place.

Et cela donne les résultats livrés dans le tableau joint à cet article. Avec cette classification on voit que les 3 groupes (gauche, droite et extrême droite) font au global le même score (à moins de 1 % près) le même score qu’il y a 5 ans. C’est à l’intérieur de ces regroupements qu’il y a eus des mouvements.

Classement à gauche :

Même si LFI et EELV ne veulent pas se dire de gauche, leur électorat est de cette mouvance par défaut d’autre choix. En effet, on voit mal les électeurs de LFI voter à droite ou à l’extrême droite. Idem pour les Verts, même si certains analystes s’imaginent à un rapprochement entre EELV et LREM, la base électorale écologiste ne se retrouve pas dans le libéralisme présidentiel. S’il en fallait une démonstration supplémentaire, la démission de N. Hulot et ses nouvelles prises de position, interdit toute « manœuvre » de la part de EELV en ce sens, et à mon avis peu de monde y songe.

À l’intérieur de cette famille, c’est EELV qui est gagnant. Générations et le PC ont à peine dopé le score des différentes familles divers gauche de 2014, sans pouvoir prétendre à un rôle d’organisation moteur au sein de la gauche.

Le score total en légère baisse de 0,7 % est dans « l’épaisseur du trait » et dans la difficulté de classer les listes divers gauche régionales de 2014. En cas contraire on pourrait même dire que le score de l’ensemble des « grands » partis de gauche est en progression, certes, fort légère.

Classement à droite :

Il est certain que les dirigeants de LREM ne souhaitent pas être classés à droite. Mais là aussi un classement par défaut interdit de les classer à gauche ou à l’extrême droite. De plus leur idéologie très libérale peut même être considérée comme plus à droite que Les Républicains.

À l’intérieur de ce camp, les scores inversés entre 2014 et 2019 du centre droit et de l’UMP de l’époque avec LREM et Les Républicains du dernier scrutin donnent à penser qu’il y a comme des vases communicants entre ces deux formations, un peu comme une prime au sortant.

Le score global en progression de 0,7 % est là aussi dans l’épaisseur du trait.

Classement à l’extrême droite :

En 2014, Debout le France n'avait pas encore opéré son rapprochement présidentiel avec le Front National. Mais les idées que développe Dupont-Aignan font maintenant partie du paysage à l’extrême droite française. Les candidats sur ce spectre de la politique française sont plus nombreux qu’en 2014. Messieurs Asselineau et Philippot ne font que des résultats extrêmement faibles. Si le RN perd 1,5 % par rapport à 2014, le score global de l’extrême droite ne faiblit que de 0,2 %. Là encore, l’épaisseur du trait.

 

Quelles leçons pour le futur ?

En préalable, il ne faut pas oublier que chaque élection dispose de son microclimat. Et qu’à chaque européenne, des partis (RN et EELV) font plus que ce que ces deux formations font dans les autres élections. Mais poursuivons l’analyse dans une perspective présidentielle.

Des ministres dits « de droite » du gouvernement ont appelé des maires Républicains à rejoindre le mouvement présidentiel. Cette tentative de débauchage ne devrait être qu’une préfiguration d’une nouvelle version d’une l’UMP nouvelle. La droite française a toujours été divisée en deux camps (ex UDF et RPR).

La tentation sera grande de vouloir pour certains dirigeants à vouloir recréer un mouvement global autour du président, UDI comprise.

Le frein doit venir probablement de « l’aile gauche présidentielle » dont la perte d’influence ne va pas cesser de décroître. Mais la tentation sera forte pour que Macron, qui aura été élu en 2017 sur une base de gauche, le soit en 2022 sur une base nouvelle de droite.

La démission de L. Wauquiez pourrait être un élément facilitateur de ce genre de rapprochement.

D’une certaine façon, les choses sont plus simples à gauche. Le morcellement à l’extrême de ce camp lors du scrutin de main dernier ne donne aucun espoir s’il n’y a pas un rapprochement entre toutes ces formations. Je ne sais pas le temps qu’il faudra à la gauche pour comprendre que sans rapprochement, il n’y a pas de stratégie gagnante pour accéder au pouvoir.

Et paradoxalement, s’il y avait un mouvement vers une candidature unique à gauche, il y a de fortes chances pour qu’un tel candidat arrive en tête d’une présidentielle. Mais nous n’en sommes pas là.

Quand à l’extrême droite, il n’y a pas grand-chose de nouveau. Ce qui a été appelé le « plafond de verre » est toujours en place. IL ne faut pas voir dans la candidature Bellamy, une opportunité de rapprochement avec l’extrême droite. Je pense que c’est même l’exact contraire. Ce camp réduit à 8 %, ce sont les fidèles d’une marque plus que les aficionados de la manif pour tous. Ces derniers sont déjà dans l’extrême droite actuelle. Idem pour le retour éventuel en politique de Marion Maréchal Le Pen. Certains pensent qu’elle serait plus attractive pour les ex-Républicains. Au contraire, je crois qu’elle en serait un repoussoir plus fort encore. En tout cas, si la stratégie du RN consiste à siphonner les Républicains, force est de constater au travers de cette élection, c’est que cela n’a pas fonctionné. Le parti Républicain a perdu plus de 10 points depuis la présidentielle sans que le RN n’en ait gagné.

 

Plus proche, il y aura les échéances municipales. Celles-ci vont donner une image fort différente de l’élection européenne. En effet, les phénomènes liés aux sortants vont donner des résultats qui n’auront plus grand-chose à voir avec le scrutin de mai dernier.

On imagine mal le maire (Républicain) de Toulouse ne faire que 8 % des voix alors que les sondages sur sa ville, le placent à plus de 30 %. Qu’en sera-t-il du rapport de force à Paris entre les Verts et Anne Hidalgo ? S. Griveaux qui s’imagine se rapprocher des Verts dispose-t-il des voix enregistrées par la liste LREM ? Je ne le crois pas.

Enfin, plus intéressant seront les cas, où les maires élus en 2014 ne se représentent pas, comme à Bordeaux par exemple. Là, pour le coup, il y aura une vraie nouvelle donne.

Peut-être que le plus intéressant sera ce qu’il se passera, ou pas, à gauche. LE PS avait perdu beaucoup de villes en 2014. La constitution de listes municipales pour la gauche va être un casse-tête pour la simple question de la tête de liste. La formation qui voudra prendre un leadership avec une base électorale très faible se retrouvera face à d’autres listes de gauches, et toutes celles-ci seront vouées à être des minuscules oppositions. En revanche, de nombreuses initiatives citoyennes voient le jour, comme à Toulouse par exemple. Mais la difficulté demeurera toujours dans la constitution du casting de la liste et des postes éligibles. Soit ce sont les partis qui prennent l’affaire en main en demandant aux citoyens de les soutenir, et cela ne donnera pas de résultats. Soit ce sont des citoyens qui conservent la main et les partis de gauche qui soutiennent ce mouvement, et là, tout d’un coup bien des choses deviendraient possibles.

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