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Il est une catégorie que l’extrême droite déteste plus que les étrangers : les nationaux.

30 Mars 2020 , Rédigé par Gérard Poujade

Il est une catégorie que l’extrême droite déteste plus que les étrangers : les nationaux.

Il est plusieurs caractéristiques de l’extrême droite partout dans le monde. La lâcheté, la fuite devant les responsabilités, l’arrogance, mais plus encore la violence, le goût pour la mort et la lutte contre les libertés forment le squelette de ce que sont les fascismes, les nationalismes.

Parmi les ressorts de leur communication, la haine de l’étranger est le premier facteur d’agrégation des votes nationalistes.

Tous les défauts viennent de l’étranger. Avec Trump, même les virus sont étrangers. La propagation des idéologies d’extrême-droite s’appuie sur cette argumentation. C’est une rhétorique très ancienne et très efficace. L’étranger est voleur, il porte la maladie, il est violeur, il parle une autre langue, pratique une autre religion, joue avec d’autres règles. Il a toutes les tares.

Le problème engendré par l’arrivée au pouvoir des régimes totalitaires nationalistes partout sur la planète est le surcroît de violence. Les budgets militaires s’envolent, les répressions policières aussi.

Ces dirigeants extrêmes, pour conserver leur pouvoir, doivent alimenter la machine à fantasmes du danger de l’étranger. Un archétype actuel est certainement Erdogan. Il  déclenche une opération militaire par an pour conserver le pouvoir. Poutine avait montré la voie avec ces guerres en Tchétchénie, en Géorgie, en Ukraine. Aux États-Unis les présidents républicains successifs y sont tous allés de leur guerre avec pour point d’orgue, la guerre d’Irak et les fameuses armes imaginaires de destructions massives. C’était la même histoire entre l’Allemagne hitlérienne et la Pologne.

La légitimation de ces guerres passe par des discours provocateurs, mensongers, haineux. Le monde devient de plus en plus dangereux car le nombre de populistes, fascistes, ou ouvertement pro hitlérien comme le philippin Dutertre ne cesse d’augmenter.

 

Mais à y regarder de plus près, contre quels citoyens les dirigeants d’extrême-droite mènent-ils leurs politiques ? Contre les leurs !

Pour cela, tous les fascismes de la Terre s’inventent leurs ennemis de l’intérieur. Si on revient au cas Erdogan, la lutte contre les Kurdes est avant tout une lutte interne au pays. La Turquie dispose d’une minorité kurde. La Turquie fait régner un régime d’apartheid à cette fraction de sa population. Une autre langue, une autre vision politique, les Kurdes sont des exutoires utiles aux fins politiciennes du président turc.

Poutine qui utilise des Tchétchènes comme repoussoir, ce sont aussi des ennemis de l’intérieur. Dutertre qui, sous couvert de lutte conrte la drogue permet à sa police d’abattre qui elle veut, engendre une série de meurtres d’état sans aucun contrôle et le marché de la drogue national se porte toujours aussi bien.

Mais l’inventaire des ennemis de l’intérieur, c’est surtout tous ceux qui ne pensent pas comme le chef, le leader. Les homosexuels font souvent partie de ces ennemis de l’intérieur, ceux qui ne pratiquent pas la religion du pouvoir, ceux qui n’ont pas couleur de peau du pouvoir comme ce fut le cas si longtemps en Afrique du sud. Ce sont presque toujours aussi les femmes. Quand les nationalistes, souvent relayées par des extrémismes religieux qui sont tous d’extrême-droite, prennent le pouvoir, ils s’attaquent à la question de l’avortement, à l’égalité entre les hommes et les femmes. Pratiquement toutes les formations d’extrême-droite cherchent à légitimer le viol, et cela ne révolte pas les sociétés. Je trouve scandaleux les argumentaires des anti-avortements pour empêcher les femmes violées de se séparer du résultat de l’agression qu’elles ont subie.

Dans les années d’après-guerre, le maccarthysme qui menait une chasse aux communistes, et qui traquaient les acteurs, réalisateurs de cinéma, contre qui menait-il son action ? Contre ses compatriotes.

En conclusion, la haine la plus forte de l’extrême-droite, c’est celle portée à ses compatriotes qu’elle supposent ne pas penser comme elle.

 

L’extrême droite la plus dure au monde aujourd’hui est peut-être bien celle au pouvoir aux États-Unis. Le coronavirus devient le révélateur du mépris de la vie de ses compatriotes. Tous ces leaders illuminés républicains qui prennent la parole pour dire qu’ils préférent la mort de leurs personnes âgées à la sauvegarde hypothétique de leur économie, représentent une étape supplémentaire dans la haine de sa propre population de la part d’un leader fascisant.

Mon intime intuition me dit que les dictateurs à la tête de la Chine n’ont guère plus de respect pour la vie de leurs compatriotes, idem pour le Kremlin ou Téhéran. Des doutes apparaissent déjà quant aux vrais chiffres de la pandémie à Wuhan et dans la province du Hubei. Nous ne connaîtrons certainement jamais le vrai nombre de morts dans ces pays-là. Le mépris des morts est une variante de ce même raisonnement américain.

Certains pays ont pour tentation de « l’immunisation de la population ». C’est la piste qu’a failli suivre B. Johnson au Royaume-Uni. Très proche de l’eugénisme, cette « technique » serait une manière d’éliminer les plus faibles, les plus fragiles d’une société pour ne conserver que « la part saine ou immunisée de la société ».

Les chiffres pour le Royaume-Uni indiquaient une probabilité de 300.000 morts. Les hypothèses pour les Américains pourraient atteindre le million d’habitants. Mais comme le pense ce gouverneur républicain, les vieux ne peuvent-ils pas offrir ce sacrifice au capitalisme qui a permis au pays de devenir la première puissance mondiale. Jair Bolsonaro ne dit pas autre chose quand il dit « ne pas vouloir fermer une entreprise automobile à cause des accidents routiers », rajoutant « qu’il est désolé, certaines personnes vont mourir ».

Appeler au sacrifice de la vie de centaines de milliers de personnes pour sauver un système politique. C’est l’aboutissement du fanatisme des extrémistes de droite : le mépris absolu des siens.

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Ne pas faire comme si de rien n’était !

28 Mars 2020 , Rédigé par Gérard Poujade Publié dans #Développement durable, #Fonlabour, #Le Séquestre

O saveurs paysannes - magasins de producteurs au Séquestre

O saveurs paysannes - magasins de producteurs au Séquestre

Cette crise sanitaire nous l’aura démontré, il va être impératif que, localement, les territoires se mettent en ordre de marche pour anticiper ce qui correspond aux besoins vitaux  et nouveaux des citoyens.

La mondialisation, la confiance aveugle dans un système d’abondance nous ont rendu totalement dépendants de centres de décisions qui nous sont indifférents pour le mieux, et hostiles, parfois.

 

Je souhaite que la communauté d’agglomération se penche sur la possibilité de produire, ou de faire produire localement des produits correspondants aux premières nécessités.

Et pourquoi ne pas commencer par les masques et le gel hydro alcoolique dont nous avons tant besoin, et pour lesquels nous ne savons pas vers quels fournisseurs nous tourner pour répondre à nos besoins.

Il faut que nous organisions la logistique et la livraison de ces produits – et certainement pas que ceux-là – pour qu’ils soient retirés d’une logique de marché.

 

De la même façon, nous allons devoir regarder, et nous impliquer, dans la production agricole  et alimentaire locale. Aujourd’hui plus de 90% de ce que produit un agriculteur n’est pas consommé à 50 kilomètres de sa ferme, et plus de 90% de ce que mange la population n’est pas produite dans un rayon de 100 kilomètres. Nous allons devoir repenser l’autonomie alimentaire. La crise montre tout d’un coup que l’agriculture manque de bras. Pour ma part, je crois fermement que dans nos territoires ruraux, c’est bel et bien la terre qui pourrait être le premier vecteur d’emplois, de revenus. Il faut en finir avec tous les agribashings, et je sais - fils d’agriculteur, moi-même – que ceux qui sont souvent les plus féroces pour dire du mal des agriculteurs sont les agriculteurs eux-mêmes.

 

Dès que nous ne serons plus confinés, je proposerai que les instances de l’agglomération organisent cette opportunité de produire localement ce que nous avons sous-traité à l’autre bout de la terre. Personne ne s’est posé cette question très simple : ces sous-traitants du bout du monde seraient-ils disponibles le jour où nous aurons grand-besoin de ces produits ? Ou, pire encore : Ces sous-traitants, ou les états avec lesquels ils travaillent, ne seraient-ils pas tentés d’exercer un chantage sur nos démocraties, sur nos indépendances pour accepter de nous livrer ?

La crise du coronavirus est l’opportunité de se poser cette question. Comment assurer notre autosuffisance pour les besoins vitaux ?

 

Celle-ci peut nous permettre de relocaliser des emplois perdus à l’autre bout du monde. 

Aujourd’hui, plus que jamais, relocaliser est synonyme de dynamisme économique, de santé publique et protection du consommateur et de son environnement. Une agglomération, de par ses compétences propres, peut agir en ce sens. Nous possédons les ressources et les outils pour changer de cap et faire entrer notre collectivité dans une nouvelle ère. Je sollicite la mise en œuvre d’un large travail dans ce domaine.

L’effort à faire est colossal, mais il est prioritaire.

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Un maire pour quoi faire ? La seule solution sera locale

27 Mars 2020 , Rédigé par Gérard Poujade

Ecrit en novembre dernier, avant la crise du coronavirus, mon intention était de montrer que face à un péril planétaire - en l'occurrence - la crise climatique, les solutions locales étaient certainement plus efficaces que les solutions nationales. Pire encore, mon intuition est qu'il ne faut plus rien attendre de solutions de la part des états dont la plupart ne sont pas démocratiques, et de plus en plus tenus par des dirigeants autoritaires et climatosceptiques. Les temps et hasards de l'édition concourent à une sortie de ce livre en pleine crise du COVID19. L'impéritie des états est d'un parallélisme incroyable entre celle liée à cette crise sanitaire aux déploiements ultra rapides, et celle liée au climat ou l'attentisme et la cupidité règnent en maître. Cet ouvrage est scindé en deux parties : un constat et dix pistes de sorties. Dans cette seconde partie, volontairement optimiste et joyeuse au final, des motifs d'espérer, et des solutions simples et pratiques pour entamer un réel changement de paradigme. NB : le lien ci-dessous renvoie directement vers l'éditeur. Commandez directement sur son site en cette période de librairies fermées, ce sera toujours mieux que de commander sur un géant du commerce en ligne, qui fait partie lui aussi du problème.

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Après le confinement… Produire localement, surtout les besoins de nécessité

24 Mars 2020 , Rédigé par Gérard Poujade Publié dans #Développement durable, #Economiecirculaire, #agenda21, #covid19, #lesequestre

Marque de vêtements 100% France

Marque de vêtements 100% France

L’Italie se fait voler un million de masques par la Tchéquie pour respecter un accord avec Trump !

Il va falloir retenir de cette crise que la centralisation et l’hyper concentration de la production de biens vitaux sont un danger pour le citoyen. Une fois que l’on a découvert en France que nous n’avions plus le stock de masques que nous étions  censés avoir, on se rend compte qu’on ne sait pas trop où les produire et comment le faire. Après la crise, il faudrait savoir faire du gel hydroalcoolique, des masques un peu partout sur le territoire. Il ne s’agit pas de technologies très compliquées, les moyens et investissements à mettre en œuvre ne sont pas très importants.

Alors pourquoi ne pas imaginer une fabrique locale tous les 100 ou 200.000 habitants pour ces deux produits ?

Il existe des statuts coopératifs à la fois public et privé (comme les SCIC) qui permettraient d’associer les collectivités, tous les clients potentiels de ces produits (hôpitaux, cliniques, professionnels de santé, pharmaciens, artisans). Ces structures regrouperaient, de manière organique, tous ceux qui auraient ce besoin. Cette capacité de production permettrait de maintenir un stock local permanent, et permettrait en passant en « deux-huit » ou en « trois-huit » de multiplier la production en cas de crise sans avoir à investir. 

L’objectif est de faire l’exact contraire de ce que cherche à faire la mondialisation : concentrer pour diminuer les coûts. Aujourd’hui, on ne peut que constater que cette diminution des coûts ne bénéficie qu’aux actionnaires et ne bénéficient pas aux salariés, ni aux clients, ni aux citoyens.

Les prix deviendraient-ils sensiblement plus chers ? Pas si sûr.

En créant une micro-industrie de ce type, on évite aussi d’avoir les surcoûts d’échelle. Pas de marketing, pas de publicité, pas de système commercial, avec les clients au capital de la structure en des engagements contractuels à moyen et long terme, on fiabilise ce qui est fragile dans toute société concurrentielle : le marché. La société ainsi créée n’a pas des clients, mais des usagers, ce n’est plus du tout la même chose. De la même façon, il n’y a plus d’intermédiaire et de système logistique national. On peut parfaitement imaginer les clients usagers venir eux-mêmes retirer ce qui correspond à leurs besoins.

Cet exemple est le paradigme de ce que nous allons devoir très rapidement inventer. La crise qui se profile est d’une ampleur que personne n’a connu. S’il s’agit de la réplique la plus proche de la crise de 1929, ce que je crois, il va être urgent de mettre en place des modes de fonctionnement où la solidarité sera la dimension prioritaire.

L’exemple que je donne ici pour les masques vaut certainement pour quantité d’autres produits.

Il paraît que plus de 80% des principes actifs de nos médicaments de base sont fabriqués en Chine ou en Inde. C’est pure folie pour un pays d’être démuni, « déshabillé » à ce point. Cela rendra-t-il certains produits plus chers ? Bien malin est celui qui connaît la réponse. Il faudra apprendre à raisonner en coût global pour la société. Comment sera intégré le coût de la crise dans nos prix passés et à venir ?

Il va falloir que les États redéfinissent ce qui est stratégique. Ces produits et services doivent immédiatement sortir du champ concurrentiel. Ce qui est vital ne peut pas fonctionner sous le régime du marché. La démonstration se déroule sous nos yeux durant cette crise.

Mais je me permets d’exprimer un doute sur la capacité des États à prendre de telles décisions. J’invite tous les échelons susceptibles de pouvoir prendre des décisions en matière économique à ne pas attendre les échelons nationaux ou internationaux.

Je crois qu’il y a une formidable opportunité pour la relation directe producteur consommateur.

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Se soustraire, après le confinement… 4 ... La seule solution sera locale

23 Mars 2020 , Rédigé par Gérard Poujade Publié dans #Développement durable, #Le Séquestre

Se soustraire, après le confinement… 4 ... La seule solution sera locale

Et si on regardait de plus près toute cette impréparation mondiale ?

Nous vivions sur une idéologie de la toute-puissance. Le monde n’a jamais été aussi riche. L’ultralibéralisme a écrasé toutes les autres idéologies. La mondialisation a "apporté la preuve du bienfait" qu’elle amènerait aux populations.

Et patatras, tout est faux.

Les fous et les dictateurs sont aujourd’hui pratiquement partout à la tête des pays du monde. Ils possèdent plusieurs traits communs : la corruption, l’incompétence et la cupidité.

 

Qu’en est-il dans nos démocraties européennes ? C’est là que nous découvrons l’incurie.

Comment a-t-on laissé diminué le nombre de lits en hospitalisation d’urgence ?

Où sont passés  1,4 milliard de masques que nous étions censés posséder dans le pays ?

Comment les représentants du ministère de la santé mettent-ils tant de temps à entendre la professeur D. Raoult de l’hôpital de Marseille ?

Comment nous retrouvons-nous devant l’incapacité à pouvoir tester une population ?

 

La réalité est très triste. Nous sommes devenus très faibles, très vulnérables.

Face à cela, que peut faire le local ? Que peut faire le citoyen ?

 

Tout d’abord qu’en est-il du citoyen ?

Il faut arrêter de le faire culpabiliser. Et en cette période de confinement et d’instructions individuelles, tout est en place pour qu’il se sente la cible de toutes les attentions. Alors s’il est indispensable de respecter les règles sanitaires, il va falloir éviter de faire porter la responsabilité de la mauvaise marche du monde sur les épaules de tout un chacun.

C’est pourtant ce que la plupart des gouvernements font sur les questions environnementales. S’il y a trop de plastique dans la mer, c’est la faute aux consommateurs qui jettent et jamais de la faute des gouvernants qui n’interdisent pas les produits en cause. C’est une honte.

S’il y a trop de carbone, c’est parce que les pauvres prennent trop la voiture, mais jamais parce que l’état ne taxe pas les vols intérieurs empruntés par les 20 % les plus riches du pays. C’est encore une honte.

Maintenant face aux désordres mondiaux, quelle va être la marge de manœuvre du citoyen ? Dans les années soixante ou soixante-dix, il existait de grands mouvements de boycott. Les grandes firmes se sont juridiquement protégées. Elles attaquent systématiquement toute initiative en ce sens. Mais il va falloir trouver des solutions pour contrecarrer les prétentions de tous les vendeurs de sodas qui rendent obèses nos enfants. Il va falloir régler la question de tous ces livreurs qui sont sans contrats de travail et dont les donneurs d’ordre détournent les fiscalités pour enrichir quelques riches entrepreneurs voyous. Il faudra trouver comment se passer du made in China qui détruit emploi et cohésion sociale.

 

Ensuite, il y a l’échelon public local.

J’avais été surpris que la ville de New York décide unilatéralement d’interdire le foie gras. 

Si en tant que maire, j’avais par exemple décidé d’interdire un soda américain en guise de représailles, j’aurais certainement fait prendre de gros risques à ma collectivité.

Tout d’abord, c’est l’état français qui aurait attaqué une telle décision. Et devant tout tribunal administratif, j’aurais certainement perdu. Et si cela n’avait pas suffit, les marques concernées auraient pu aussi s’en prendre à notre collectivité.

Mais c’est malgré tout de ce côté là qu’il va falloir creuser. Il est clair que nous ne faisons pas assez. 

Peut-être faudra-t-il lier nos subventions aux associations, aux clubs, à une interdiction de ces boissons de leur buvette. Il faudra aussi certainement interdire les AUT (Aliments Ultra Transformés) que les familles donnent à leurs enfants pour les goûters et autres en-cas.

 

il faudra se protéger indépendamment de ce que l’Etat nous dit qu’il fait. Le constat de cette crise sanitaire le plus effrayant pour le maire en place depuis 20 ans que je suis, c’est que notre état, celui dont nous représentons l’échelon de base, cet état nous cache de l’information et parfois, il nous ment.

Pour moi ce n’est pas supportable de se retrouver sans masques, sans gel et quasiment sans moyens d’interventions.

C’est clair que dès la reprise normale de la vie citoyenne de la municipalité, je vais proposer que nous mettions en place un plant d’anticipation qui va au-delà des traditionnels plans communaux de sauvegarde.

Ne pouvant faire confiance à l’Etat, en collaboration avec les personnels soignants de la commune et de l’agglomération, nous mettrons en place un dispositif préventif. Il ne peut être question qu’un pays tiers – comme la Tchéquie pour l’Italie – nous empêche d’obtenir des moyens de protection. Nous organiserons donc, une gestion locale afin de disposer d’une capacité de réaction locale sans interférence d’un acteur extérieur.  L’objectif est de faire en sorte que des élus à la tête de la collectivité puissent décider librement d’affecter des masques à toute la population, ou décider de réserver ceux-ci aux professionnels de santé les plus concernés.

 

Je suis intimement persuadé qu’il existe une opportunité pour que l’échelon local redevienne supérieur à l’échelon national ou international. 

Pour que l’échelon local reprenne la main, il faut qu’il sache « se soustraire » de ce que le reste du monde veut lui imposer.

Le chantier est immense, mais passionnant.

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Après le confinement… 3 ... Le potager ! Une évidence.

22 Mars 2020 , Rédigé par Gérard Poujade Publié dans #Développement durable, #biodiversité, #potager, #jardin

jardin de mars

jardin de mars

En France plus de la moitié de la population dispose d’une maison ou d’un appartement ayant accès à un espace vert privatif. Dans ma commune, c’est plus de 90 % des logements. Et je ne suis pas sûr que nous n’utilisions ces surfaces à bon escient.

Pour ma part, je dispose d’un potager de 30 m2 utiles (voir la photo). Inutile de dire que je ne suis pas un concurrent du monde agricole ou du marché de Rungis… quoique !

Depuis le début du confinement, et alors que nous sommes à la fin de l’hiver, ce qui n’est pas la période de plus grande production agricole, j’ai vu au repas de confinés du céleri rémoulade, de la salade verte, du velouté à l’oseille, un pot-au-feu avec poireaux, oignons, céleri, thym, romarin. Tous ces ingrédients étaient dans le jardin.

En observant ce que nous allons pouvoir manger dans les heures et jours qui viennent, je vois du chou kalé, des blettes, en plus de tout ce que je peux renouveler de la liste ci-dessus.

Dans quelques jours, je devrais également me régaler des premiers radis. Je surveille les premiers boutons d’artichauts, j’ai de nouvelles salades, les premières fleurs des fraisiers sont là, et puis les fèves, et puis les petits pois, et puis.

L’an passé, comme chaque année, sur cette toute petite surface, je produis entre 50 et 60 variétés différentes. Je ne sais pas, parce que je ne l’ai jamais calculé, quel est le montant de l’économie que cela représente. Je n’ai pas fait ce calcul car je ne crois pas que c’est l’intérêt principal. Si travailler la terre est en soi un moment de repos, de tranquillité ou de réflexion, il est surtout la garantie de « savoir ce que l’on mange ». Sans aucun traitement, en recyclant tous les produits fermentescibles dans un bas différent chaque année, c’est le geste d’économie circulaire le plus efficace que tout un chacun – qui dispose d’un bout de terrain – peut faire.

Alors en résumé, c’est quoi la différence entre consommer une fraise du jardin et une fraise venue de l’océan de plastique d’Andalousie ou du Maroc ?

  1. Le goût. Essayez juste une fois, vous comprendrez !
  2. Zéro chimie dans le sol.
  3. Zéro carbone lié au déplacement de marchandise. Une fraise zéro carbone.
  4. Du stockage carbone dans le développement du fraisier !
  5. Zéro travail mal payé pour des salariés souvent mal traités.
  6. Environ demi-heure entre le fraisier et le bol du dessert !
  7. Un peu d’exercice pour l’entretien du jardin
  8. Zéro emballage. Et zéro manutention.
  9. Et… beaucoup moins cher !

La preuve par 9 ? Si tout le monde se mettait à produire 50 variétés de fruits et légumes, vous verrez cette énorme différence avec tous les produits que nous faisons venir hors saison de tous les coins du monde.

 

Mais le confinement, c’est aussi le moment où on fait le constat que tout le monde n’est pas emmuré dans le même logement. Alors une pensée pour tous ceux qui sont en appartement sans balcon, sans terrasse. Certes il est toujours possible d’avoir quelques plantes aromatiques dans des vases, mais, difficile de faire réellement manger une famille. Donc dès que le confinement est terminé, regardez où est l’AMAP la plus proche, ou mieux encore, où se trouve le jardin partagé qui vous attend.

Pour l’après confinement, l’objet sera de « se soustraire ». Chaque fois que nous n’achèterons pas, nous ne contribuerons pas au système qui nous oblige à consommer des produits moins bons et moins adaptés, qui nous plombent notre santé (on le voit là), nos économies, et notre environnement.

 

Au fait ce midi, c’est poireaux vinaigrette… du jardin, les poireaux !

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Après le confinement... 2 ... Consommer différemment ! Les voyages à venir.

21 Mars 2020 , Rédigé par Gérard Poujade

Après le confinement... 2 ... Consommer différemment ! Les voyages à venir.

L’IATA (Association Internationale du Transport aérien) estime qu’il va falloir trouver 200 milliards de dollars pour « sauver » les compagnies aériennes. Quand une telle organisation dit « qu’il faut trouver », elle a plutôt tendance à penser aux états, aux contribuables, à nos impôts.

Dans tout l’article que consacre le journal 20 minutes, il n’est d’ailleurs question que de cela. Il est question d’un soutien financier direct. Personne ne parle là d’une contribution des actionnaires qui prennent goulûment tous les dividendes chaque année sans jamais se sentir concernés par ce juste retour des choses. Plus loin dans l’article, on parle de prêts et garanties consentis… par les gouvernements. Plus loin encore, il est question d’allègements d’impôts et de charges sociales. Dans le même article, le chantage à l’emploi est immédiat, dès la fin de l’article. Soit les actionnaires peuvent abonder et conserver leur compagnie, soit l’état doit intervenir, mais il devient propriétaire au prorata de sa participation.

 

Après le confinement, allons nous continuer à appauvrir les populations pour enrichir les actionnaires des compagnies aériennes ?

Pour le directeur général de l’association, la catastrophe n’est pas la santé publique, mais l’économie de l’aviation. Mais la remise en cause pourrait être bien plus importante qu’il n’y paraît. Le transport aérien est la cause principale de la propagation mondiale du COVID19. Pourra-t-on poursuivre avec la même frénésie à déplacer autant de personnes, au mépris des émissions carbone du secteur ? Et maintenant au mépris de la santé du plus grand nombre. Quel sera le premier pays, la première compagnie qui va instituer une prise de température systématique à l’embarquement. Dans notre monde de plus en plus judiciarisé, j’imagine mal que dans des temps futurs très proches, une personne contaminée dans un avion n’attaque pas en justice la compagnie aérienne qui aura été cause de son confinement sans s’être donné les moyens de le protéger.

Je pense pour ma part qu’il y a deux issues au devenir du transport aérien après le coronavirus :

  • La stratégie de la fuite en avant. En gros, on recommence comme avant. Tous les secteurs économiques et les bourses du monde entier rêvent de ce retour à l’état zéro, de glisser le coronavirus sous le tapis et reprendre les affaires là où on les avait laissées. La cupidité du monde me donne à penser que ce sera cette option qui sera retenue.
  • La théorie du chaos, et la force de l’homme seul. Si une personne, un groupe de personne attaque juridiquement les compagnies aériennes sur leur responsabilité – indépendamment de tout jugement – la peur risque de gagner les actionnaires, et rien ne dit que des procédures sur la santé des passagers ne vont pas être enclenchées. Cellesci pourraient fortement affecter le trafic par lui-même et modifier, et la taille et la forme du transport aérien.

Et dans cette seconde option, où des états qui seraient devenus propriétaires de compagnies plutôt que de simples souteneurs, que la plus grande garantie – la garantie publique – serait offerte aux usagers.

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Après le confinement... 1 ... Consommer différemment ! L’obsolescence programmée.

20 Mars 2020 , Rédigé par Gérard Poujade Publié dans #agenda21, #covid19, #Le Séquestre, #Développement durable, #Economiecirculaire

Après le confinement... 1 ... Consommer différemment ! L’obsolescence programmée.

Dans les premiers jours de cette crise sanitaire, je me suis retrouvé dans une configuration étonnante. Nous étions avant le premier tour des municipales et je me suis préoccupé de savoir de quels moyens nous disposions en mairie. Nous n’avions pas de gel hydroalcoolique, pas de gants et pas de masques. Pour ce dernier ustensile, rien de grave car, en boucle, tous les experts et responsables nous répétaient qu’il n’y en avait pas besoin. Seuls les malades devaient en porter. Un peu plus tard dans la période, seuls les malades et les personnels soignants en avaient besoin.

J’ai donc demandé que la mairie achète, essaie d’acheter, les 3 produits en question. Nous avons réussi à trouver quelques litres de gel pour assurer le minimum de service pour le scrutin des municipales. Nous avons pu obtenir des gants à la pharmacie de la commune. Mais il n’existe pas de lieu pour acheter des masques, y compris, pour une collectivité tellement la priorité est donnée au système de santé. Ceci est tout à fait normal.

En regardant de plus près, les services techniques m’ont dit qu’ils disposaient de masques aux ateliers dont ils servaient au cas où quand ils avaient des travaux particulièrement poussiéreux. C’était les masques de l’époque du SRAS. Le personnel avait convenu de cet usage, car les masques étaient périmés. Dans un premier temps, nous les avions gardés pour ce fameux conseil municipal d’installation que l’État voulait organiser à toute vitesse dans un pays confiné par ailleurs. Nous les aurions mis à disposition des élus qui l’auraient souhaité. Ce conseil est reporté au mois de mai.

En creusant, nous finissons par apprendre la raison de l’obsolescence de nos masques : l’élastique ! Celui-ci vieillit plus vite que le reste du produit, et risque donc de casser. En réalité, c’est une mesure de large précaution car la solidité réelle de cet élastique n’est pas bien connue et donc la date indiquée est bien en deçà du risque de rupture. Petite cause, très gros effets.

Après la crise du SRAS, il y aurait eu en France un stock d’un milliard de masques. Je ne sais dire de quel type il s’agit. En revanche, je suis sûr que des millions d’exemplaires ont dû être jetés à cause de cette date de péremption mal évaluée. Aujourd’hui, nous nous réjouissons quand un million de masques arrivent de Chine. Ce sont des dizaines de fois ce volume-là qui doivent croupir dans des décharges.

L’obsolescence programmée, y compris par les dates de péremption, est un énorme gâchis. On gâche de la ressource, tout ce qui a été façonné l’a été à partir de matière première qui n’aura servi à rien. On gâche de l’énergie car produire, c’est toujours consommer des kWh. Mais pire que tout, on gâche l’usage ! L’usage, c’est ce qu’il manque aujourd’hui aux professionnels de santé, mais aussi aux caissières, aux livreurs, et plus largement à ceux qui assurent la continuité des services de base nous permettant de ivre en étant confinés.

L’usage c’est aussi, certainement, la possibilité que nous aurions tout un chacun à pouvoir en porter un.

Après le confinement, nous ne devrions plus consommer pour jeter !

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