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Publié par Gérard Poujade

Il ya  bientôt  5 ans, j’avais proposé que soit fait une aire de covoiturage sur une langue de terre délaissée par les services de la DDE en bordure de l’autoroute A 68 à l’entrée de l’agglomération albigeoise.

Les premières réactions ont été mitigées. Quelle drôle d’idée ! Pour aller où ? Quelquefois, quelques voitures, certains jours se retrouvent sur les parkings de l’espace commercial juste à côté. Bref les réactions ont été pour l moins réservée. J’ai néanmoins réussi à faire établir un comptage des voitures qui se retrouvaient d’un côté ou de l’autre de l’échangeur par les services de la communauté d’agglomération. Les bons jours 10 à 15 voitures semblaient correspondre à ce type d’utilisation des quelques espaces disponibles de ci de là.

La pugnacité est une obligation en politique. Prétextant de la proximité du circuit qui utiliserait ce parking les jours d’affluence des courses de septembre, de la proximité du parc des expositions et de la salle de spectacle attenante pour les mêmes raisons, et puis surtout arguant du fait de l’inutilité absolu de cette surface pour partie bétonnée pour partie goudronnée, j’ai réussi  convaincre l’agglomération de faire une aire de covoiturage d’une capacité avoisinant les 100 places.

Celle-ci a été livrée mi 2010. Il n’y a eu aucune mesure d’accompagnement du type d’un site internet de réservation. Il n’y a pas de signalétique indiquant la possibilité de covoiturer, et la communication presse associée à sa mise en service fût minimale. Toute chose que je regrette par ailleurs.

Fort heureusement, la visibilité du site – qui est un autre des points forts du site – a généré sa propre communication. Moins d’un an après ce sont 50 à 60 voitures tous les jours qui se retrouvent sur le site. Les usagers qui se rejoignent là ont pour destination Toulouse, Blagnac, Castres, voir quelquefois Bordeaux ou la côté basque.

Il est toujours intéressant de traiter par un autre angle de vue les conséquences des politiques publiques que l’on met en place. Alors je me suis livré au calcul suivant.

J’ai pris pour hypothèse que les 50 voitures présentes 5 jours par semaine, soit 250 fois par an environ auraient toute parcouru 150 kms – soit un aller retour pour Toulouse – et que ces voitures consommeraient en moyenne 6 litres au cent.

Cela donne les résultats suivants

1)    Ce sont environs 1.875.000 kilomètres d’évités, soit si on dit qu’une voiture à une durée de vie de 200.000 kilomètres, 9 voitures économisées par an.

2)    Cela représente 112.500 litres d’essence d’économisé. Pour donner un ordre d’idée, un camion citerne fait de l’ordre de 20.000 litres, c’est l’équivalent de 5 camions citerne en moins qui seraient venus sur l’agglomération.

3)    Considérant le prix moyen des carburants à 1, 40 €. L’économie réalisée est de l’ordre de 157.000 € qui est une somme a peu de chose près l’équivalent des 9 voitures économisées en kilométrage

4)    Enfin en comptabilité CO2, prenant une valeur moyenne de 140 grammes de CO2 émis par kilomètre parcouru, ce sont 262, 5 tonnes de gaz carbonique émis en moins. Valorisées à 10 € la tonne, ces émissions représentent 26.000 € sur un marché carbone en gestation.

Ces chiffres globalisés donnent une idée des sommes qui sont en jeu autour de nos déplacements. Ramené à un déplacement, celui qui évite de prendre sa voiture pour aller à Toulouse économise 15 € en coût net (carburant et péage). Si l’on intègre les coûts indirects (amortissement de la voiture, entretien, assurance), l’économie est proche du triple. C’est pour cela qu’il s’agit d’un très mauvais calcul que de ne pas penser au covoiturage, ou de ne pas trouver ça commode !

Si l’on observe maintenant l’angle politique publique que représente cet investissement pour nos citoyens, les choses méritent un instant d’attention.

Avec l’ensemble des aménagements, le coût total de l’investissement aura été de 300.000 €. Pour les collectivités locales qui auront investi localement, il n’y a pas de retour attendu. Mais pour nos habitants le rendement est assez spectaculaire. En effet pour 2 euros investis, c’est en moyenne un retour de 1 euro par an, si on s’en tient au 157.000 euros de coûts directs, ou 3 euros si on prend en compte le coût global. Je ne connais pas beaucoup d’investissement public qui ait un tel « rendement » - pardon pour ce mot – et surtout aussi rapide et régulier.

Enfin, si on prend un angle de vue national, les 260 tonnes de CO2 ainsi économisées rentabilisent l’investissement en moins de 10 ans.

 

Covoiturer est une excellente idée, il n’y a qu’à voir le succès de tous les parkings de covoiturage qui se sont mise en place entre Albi et Toulouse, le « succès » du rond point à la sortie du péage de Tarbes et les voitures garées dans la bas-côtés en direction de la ville pour se prouver que de plus en plus de personnes comprennent le bien fondé de ce mode de transport économe.

J’avais entendu dire qu’un bouchon pouvait être généré par un surcroît de trafic de 7%.  Si 7% d’automobilistes covoituraient cela voudrait peut-être dire qu’il n’y aurait plus de bouchons sur la rocade toulousaine, mais là, je rêve un peu

Si en plus, vous covoiturez avec des gens sympas, les déplacements vous paraîtront moins longs, et pour les accros à la cigarette, vous fumerez moins.

Le covoiturage, c’est vraiment bon pour la santé.

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