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Publié par Gérard Poujade

Le drame japonais repose la question de l’énergie, de sa sécurité, de sa disponibilité et de son impact sur le pouvoir d’achat des ménages.

Il y a tout d’abord le scandale de l’opacité des opérateurs nippons du secteur de l’énergie. La société TEPCO, fournisseur de l’électricité de la ville de Tokyo apparaît de plus en plus dépassée par les évènements, et on apprend petit à petit que plusieurs incidents ou accidents étaient survenus dans cette centrale, que le personnel d’entretien est majoritairement composé d’intérimaires – ce qui est la cas aussi en France – et que tout ce petit monde du nucléaire japonais continuerait à s’entendre pour « maîtriser » la communication !

Dans l’histoire de l’énergie, le nucléaire ne sera de toute façon qu’une énergie de transition. Parce qu’elle dépend d’une ressource fossile limitée, parce qu’elle ne peut être entièrement maîtrisée, parce qu’elle pose des problèmes de démantèlement, elle ne constitue pas une réponse aux besoins énergétiques de la planète.

La seule interrogation est la durée de la transition. Donc sortir du nucléaire n’est pas la question, c’est une évidence que devront traiter les gouvernants des 20 à 30 années qui viennent. La véritable problématique est plus complexe :

-          A quel rythme sort-on de l’offre actuellement existante ? Plusieurs pays se sont lancés. Il est temps de ne plus attendre

-          Par quels sites commence-t-on ? La centrale de Fessenheim est montrée du doigt depuis fort longtemps pour sa vétusté. Et l’ensemble du parc va vers une ancienneté moyenne de bientôt trente ans.

-          Comment dépollue-t-on les sites nucléaires ? Le démantèlement des centrales ne va-t-il pas devenir une activité importante sur laquelle la France devrait se pencher avec ses 57 réacteurs à traiter un jour. Il est à noter que la première centrale française, Brennilis en Bretagne, n’est toujours pas démantelée et que les solutions techniques manquent pour dépolluer le site… près de trente ans après sa fermeture

-          Qui va prendre en charge le coût de gestion des déchets à long terme. Aujourd’hui le coût de l’électricité française est en moyenne 20% moins cher qu’ailleurs en Europe parce que les contribuables français ont subventionné les centrales. IL est d’ailleurs assez étonnant que par le biais de la loi NOMES, on oblige EDF à revendre à ce tarif préférentiel et subventionné 25% de sa production d’électricité nucléaire à ses propres concurrents privés. Si le coût de gestion à long terme est ré-inclus dans le prix du kwh fourni au client, l’électricité nucléaire pourrait bien devenir la plus chère du monde !

-          Enfin, comment remplace-t-on cette source de production d’énergie ? Et sur ce dernier point, il ne suffira pas tenir le coule langage qu’il faut seulement consommer moins. C’est certes une évidence qu’il faut toujours répéter, l’énergie la moins chère est celle que l’on ne consomme pas, mais même avec des maisons BBC, les besoins énergétiques demeureront très importants. Cela veut dire concrètement qu’il va falloir dire où se trouveront les centrales photovoltaïques, ou se bâtiront les fermes éoliennes, où se produira le biogaz, où il faudra exploiter la forêt. Et il faudra sortir de cette ambiguïté de vouloir sortir du nucléaire et refuser les projets d’implantation de sites de production d’énergies propres.

 

Voilà, en quelques mots, l’ensemble du problème qui se pose à nous. La seule posture que l’on ne peut adopter consisterait à ne rien faire. Après avoir vidé le Grenelle de son sens, le gouvernement devrait regarder à 2 fois quand il sacrifie la filière photovoltaïque, nous condamnant, à minima, à prendre deux à trois de retard supplémentaire, à compliquer encore le montage de dossier éoliens. Et il devrait surtout sortir de cette logique qui consiste à attendre et voir… un problème de plus pour les générations futures !

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