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Dans la vie il faut de l’énergie. Il faut même tellement d’énergies qu’il vaut mieux l’écrire avec un S. Une fois que l’on a dit ça, encore faut-il dire quelles énergies.

Selon Eurostat (2009), la France ne consomme toutes sortes d’énergies confondues que 7,5% d’énergies renouvelables. Cela laisserait à penser que 92,5 % de l’énergie soit nucléaire, gazière pétrolière ou charbonnière.

On peut retourner le problème dans tous les sens c’est 92,5% qui pose problème. Il faut donc avoir une stratégie pour sortir de cette difficulté. Une des stratégies possible s’appelle negawatt. En quoi consiste-t-elle ?

Il s’agit d’un ensemble de trois séries de mesure à adopter simultanément.

 

Première mesure : la sobriété.

La France avait adoptée des slogans il y a déjà longtemps qui chantaient les louanges de la sobriété. C’était l’époque de la chasse antigaspi !

La sobriété se cache partout, ou plutôt c’est le gaspillage qui est partout. Cela ne concerne pas que l’énergie, il paraît qu’un yaourt sur 4 acheté est tout bonnement jeté. Au travers de cet exemple, on perçoit toute la complexité du problème. Certes, il y a le produit fini qui est jeté, mais est jeté également l’énergie dont le fabricant a eu besoin pour fabriquer ce 4 ème yaourt.

Concernant l’énergie, la sobriété va concerner indistinctement les veilles des appareils électroménagers, le chauffage réglé trop chaud, la climatisation réglée trop froide, la voiture que l’on conduit trop brusquement.

Mais est-il bien la peine de rappeler toutes les manières dont on gaspille ?

Pour agir sur une sobriété énergétique, c’est surtout le comportement du citoyen qu’il faut améliorer. Pour réussir la sobriété énergétique, il faut faire preuve de persuasion, de pédagogie.

La sobriété est souvent liée à la richesse des populations. On est toujours choqué de voir ces villes américaines qui poussent en plein désert qui arrosent à tour de bras des pelouses improbables. Disposer de moyens financiers est un pousse à la consommation et donc au gaspillage qui ne correspond pas à l’objectif de sobriété.

Dans un discours politique rien n’est pire que de proposer la sobriété aux pauvres !

 

Deuxième mesure : l’efficacité.

Deux maisons apparemment identiques vues de l’extérieur peuvent consommer du simple au triple en matière d’énergie. Il existe des voitures qui consomment 5 litres au cent kilomètres et d’autres qui dépassent les 20 litres.

L’efficacité énergétique c’est la part que peut proposer le progrès technologique. Les plus gros espoirs reposent sur une meilleure efficacité énergétique des bâtiments.

Aujourd’hui quand un logement est à vendre il apparaît sur la fiche de vente le diagramme qui a été popularisé sur les appareils électroménagers et les maisons sont mesurées de A à G et tout acheteur a ainsi une idée de la consommation théorique de son futur logement.

C’est dans ce domaine que les mesures ou les règles sont les plus nombreuses. A partir de janvier 2012, toutes les nouvelles maisons devront consommer moins de 50 kwh/m2/ an. En clair elles seront toutes classées A. Beaucoup de collectivités mettent la main à la patte – comme le Conseil Régional de Midi-Pyrénées – pour aider le financement de la rénovation des logements anciens et plus particulièrement les logements sociaux.

La seule limite est le taux de renouvellement du parc de logements : 1% par an. Il faudra attendre plus d’un siècle pour une évolution radicale de la consommation.

Cela d’autant plus que nous construisons de plus en plus grand. Là où il fallait 25 m2 par habitant il y a 30 ans, c’est aujourd’hui près de 33 m2 par personne, nous habitons dans de plus en plus d’espace. Alors si nous consommons moins au M2 mais que nous nécessitions de plus de surfaces, l’efficacité peut être entièrement contrecarrée.

 

Troisième mesure : remplacer les énergies fossiles ou nucléaires par des énergies renouvelables.

S’il existe plusieurs énergies alternatives, elles présentent toutes un certain nombre de limites :

-       le solaire qui ne fonctionne que lorsqu’il fait… soleil.

-       L’éolien, qui ne fonctionne que quand le vent souffle.

-       Le biogaz qui dépend des productions agricoles et de leur variabilité dans le temps,

-       La géothermie, quand le sous-sol est propice,

-       L’hydraulique, qui ne possède plus beaucoup de marge de progression,

-       L’hydraulien près des côtes,

-       Le bois en plaquette en granulé ou en bûches,

-       L’huile pure vierge

-       Les agrocarburants, qui ne doivent pas occulter des terres pour l’agriculture vivrière,

-       L’hydrogène quand ce sera au point.

Je suis sûr d’avoir oublié des modes de production d’énergie avec des innovations comme la production d’énergie électrique à partir de trottoirs comme à Toulouse, ou encore la recherche sur le stockage de l’énergie.

 

Il apparaît une difficulté avec les oppositions à ces productions locales. Les fermes éoliennes ne sont pas partout les bienvenues, le solaire au sol est en concurrence avec l’agriculture, l’hydraulique provoque des perturbations sur les cours d’eau.

 

C’est certainement le point faible de la théorie négawatt. Remplacer les modes de production d’énergie actuels n’est pas aujourd’hui à la portée de nos sociétés.

 

Alors aujourd’hui, il faut y croire et pour faire court : il faut penser à bien manger le 4 ème yaourt que l’on n’aura pas oublié dans le frigo classé triple A, dans une maison aussi en classe A sur laquelle, il y aurait quelque panneaux solaires photovoltaïques. Mais c’est pas gagné… rendez-vous dans 50 ans ?

 
Tag(s) : #Développement durable

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