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Articles avec #covid19 tag

Après le confinement… Le télétravail ? Un geste barrière de plus ?

22 Avril 2020 , Rédigé par Gérard Poujade Publié dans #Développement durable, #Le Séquestre, #agenda21, #covid19

Et tout d’un coup, des salariés, des entreprises se rendent compte que le télétravail peut exister, mieux qu’il peut être efficace, mieux encore qu’il s’agit d’une disposition de travail qu’il faudrait peut-être bien exploiter.

Malgré tout, un certain nombre de freins existent.

Pourquoi le télétravail agace-t-il ?

  • Objection n° 1 : Le télétravail ne concerne pas tout le monde. 
    Il faut bien le dire, le télétravail ne peut pas concerner tous les métiers. La crise du COVID-19 vient de faire la démonstration que les personnels dont on a le plus besoin exercent des métiers où la présence, le geste imposent une présence physique : Les infirmières, les éboueurs, les forces de l’ordre… Le télétravail ne concernerait qu’un tiers de la population.
  • Objection n°2 : le management par le contrôle.
    Il est une tradition de petit chef de vouloir tout le monde sous contrôle. Et plus un cadre est mauvais, plus il souhaite contrôler ses troupes. Il est assez fréquent qu’un chefaillon qui ne ferait rien chez lui n’ait aucune confiance dans ses troupes laissées à leur propre sort ! 
  • Objection n°3 : le télétravail est une affaire de bobos.
    Les professions de cadres sont plus adaptées au télétravail que les tâches opérationnelles (objection n°1), cela conforte cette idée que seules les professions intellectuelles sont adaptées.
  • Objection n°4 : il n’est pas aisé de travailler chez soi.
    Soit parce que les enfants courent autour du poste de travail, soit par manque de place, le domicile ou la situation personnelle peut ne pas être adapté. D’autres personnes ont besoin de disposer d’un cadre en dehors du contexte personnel pour bien travailler.
  • Objection n°5 : le télétravail casse les relations professionnelles.
    En restant seul chez soi, il est évident que les relations entre les employés d’une même entreprise seront plus distendues. Cela peut être une objection pour l’employeur car cela diminue l’esprit d’équipe ou l’esprit d’entreprise. Cela peut aussi être une objection pour les salariés car cette distance réduit la possibilité collective ou syndicale d’intervention.

Toutes ces objections existent. La séquence qui vient d’être imposée à tous les employeurs a tordu le bras à toutes les objections pour un temps donné. Celles-ci demeurent et n’ont pas perdu leur fondement.

En revanche, l’expérience a permis de mettre à l’épreuve l’idée que l’on se fait de ces freins. Et les retours sont nombreux de ceux qui ne pensaient pas cela possible. En télé travaillant, on peut se concentrer sur des dossiers. On évite des déplacements. On y trouve plus de confort.

Nombreux sont ceux (employeurs et employés) qui se rendent compte qu’une partie du travail suivant ce mode est possible.

 

Alors juste quelques calculs pour dire ce qu’il en est sur des enjeux environnementaux. La distance moyenne parcourue par un français pour se rendre en voiture à son travail est de 20 km. La part de la population qui peut télé travailler est de 30% sur un total concerné de 30 millions d’actifs.

En prenant pour hypothèse que 1 jour sur 5 de travail, ces personnes se mettent dans cette nouvelle configuration de travail, cela donnerait les résultats suivants.

Pour une personne qui travaille à temps plein, les déplacements non parcourus représenteraient une économie annuelle de 1.800 € environ.

Avec une émission moyenne de 130 gr de CO2 au km, chaque personne éviterait 234 kg CO2 annuel.

Maintenant regardons ce qu’il se passe au niveau national.

Sur la base d’une consommation de 6 l aux 100 km, la France consommerait près d’un milliard de litres de carburant en moins. Cela veut dire une économie sur ce seul poste de 1, 2 Milliards d’euros (Md€). Si l’on considère que le coût global d’un kilomètre de voiture revient à 35 centimes d’euros (achats, assurance, entretien, carburant, péages…), l’économie pour les familles serait de l’ordre de 16, 2 Md€, soit 0,7% du PIB français. Cela veut dire une distance parcourue globale de plus de 16 milliards de kilomètres en moins. Ce qui représente un besoin de 100.000 voitures en moins tous les ans.

Notons que pour les routes embouteillées, ce serait 6% de trafic en moins. Et cela contribuerait à réduire de 2,6 millions de tonnes de CO2 chaque année, soit 0, 03 t de CO2 par an et par habitant. Pour mémoire, notre production actuelle est d’un peu plus de 5 t.

 

Certes tout le monde ne peut pas télé travailler. Mais il en va du télétravail comme du coronavirus. Ceux qui travaillent de chez eux contribuent à protéger tout le monde. C’est moins de CO2, moins d’embouteillages, moins d’accidents, moins d’importations de produits pétroliers, certainement moins d’assurances, plus de revenus, plus de temps libre gagné sur le temps de déplacement.

Il y aurait certainement moins de morts sur les routes, le télétravail pourrait être plus efficace que la modification de la vitesse sur les routes nationales et départementales !

C’est aussi une illustration que moins de PIB n’entraîne pas automatiquement moins d’emplois, moins de richesse. 

Cette baisse de 0,7% du PIB reviendrait à un plus de 245 € par habitant. Et il est bien difficile de dire quelle est la part de l’emploi perdu nationalement quand la dépense principale économisée provient d’achats qui n’ont qu’une très faible part nationale !

 

Le télé travail est un geste barrière de plus. En évitant un déplacement sur 5, chaque jour de télé travail contribue à une qualité de vie plus saine pour tous.

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Après le confinement… Produire localement, surtout les besoins de nécessité

24 Mars 2020 , Rédigé par Gérard Poujade Publié dans #Développement durable, #Economiecirculaire, #agenda21, #covid19, #lesequestre

Marque de vêtements 100% France

Marque de vêtements 100% France

L’Italie se fait voler un million de masques par la Tchéquie pour respecter un accord avec Trump !

Il va falloir retenir de cette crise que la centralisation et l’hyper concentration de la production de biens vitaux sont un danger pour le citoyen. Une fois que l’on a découvert en France que nous n’avions plus le stock de masques que nous étions  censés avoir, on se rend compte qu’on ne sait pas trop où les produire et comment le faire. Après la crise, il faudrait savoir faire du gel hydroalcoolique, des masques un peu partout sur le territoire. Il ne s’agit pas de technologies très compliquées, les moyens et investissements à mettre en œuvre ne sont pas très importants.

Alors pourquoi ne pas imaginer une fabrique locale tous les 100 ou 200.000 habitants pour ces deux produits ?

Il existe des statuts coopératifs à la fois public et privé (comme les SCIC) qui permettraient d’associer les collectivités, tous les clients potentiels de ces produits (hôpitaux, cliniques, professionnels de santé, pharmaciens, artisans). Ces structures regrouperaient, de manière organique, tous ceux qui auraient ce besoin. Cette capacité de production permettrait de maintenir un stock local permanent, et permettrait en passant en « deux-huit » ou en « trois-huit » de multiplier la production en cas de crise sans avoir à investir. 

L’objectif est de faire l’exact contraire de ce que cherche à faire la mondialisation : concentrer pour diminuer les coûts. Aujourd’hui, on ne peut que constater que cette diminution des coûts ne bénéficie qu’aux actionnaires et ne bénéficient pas aux salariés, ni aux clients, ni aux citoyens.

Les prix deviendraient-ils sensiblement plus chers ? Pas si sûr.

En créant une micro-industrie de ce type, on évite aussi d’avoir les surcoûts d’échelle. Pas de marketing, pas de publicité, pas de système commercial, avec les clients au capital de la structure en des engagements contractuels à moyen et long terme, on fiabilise ce qui est fragile dans toute société concurrentielle : le marché. La société ainsi créée n’a pas des clients, mais des usagers, ce n’est plus du tout la même chose. De la même façon, il n’y a plus d’intermédiaire et de système logistique national. On peut parfaitement imaginer les clients usagers venir eux-mêmes retirer ce qui correspond à leurs besoins.

Cet exemple est le paradigme de ce que nous allons devoir très rapidement inventer. La crise qui se profile est d’une ampleur que personne n’a connu. S’il s’agit de la réplique la plus proche de la crise de 1929, ce que je crois, il va être urgent de mettre en place des modes de fonctionnement où la solidarité sera la dimension prioritaire.

L’exemple que je donne ici pour les masques vaut certainement pour quantité d’autres produits.

Il paraît que plus de 80% des principes actifs de nos médicaments de base sont fabriqués en Chine ou en Inde. C’est pure folie pour un pays d’être démuni, « déshabillé » à ce point. Cela rendra-t-il certains produits plus chers ? Bien malin est celui qui connaît la réponse. Il faudra apprendre à raisonner en coût global pour la société. Comment sera intégré le coût de la crise dans nos prix passés et à venir ?

Il va falloir que les États redéfinissent ce qui est stratégique. Ces produits et services doivent immédiatement sortir du champ concurrentiel. Ce qui est vital ne peut pas fonctionner sous le régime du marché. La démonstration se déroule sous nos yeux durant cette crise.

Mais je me permets d’exprimer un doute sur la capacité des États à prendre de telles décisions. J’invite tous les échelons susceptibles de pouvoir prendre des décisions en matière économique à ne pas attendre les échelons nationaux ou internationaux.

Je crois qu’il y a une formidable opportunité pour la relation directe producteur consommateur.

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Après le confinement... 1 ... Consommer différemment ! L’obsolescence programmée.

20 Mars 2020 , Rédigé par Gérard Poujade Publié dans #agenda21, #covid19, #Le Séquestre, #Développement durable, #Economiecirculaire

Après le confinement... 1 ... Consommer différemment ! L’obsolescence programmée.

Dans les premiers jours de cette crise sanitaire, je me suis retrouvé dans une configuration étonnante. Nous étions avant le premier tour des municipales et je me suis préoccupé de savoir de quels moyens nous disposions en mairie. Nous n’avions pas de gel hydroalcoolique, pas de gants et pas de masques. Pour ce dernier ustensile, rien de grave car, en boucle, tous les experts et responsables nous répétaient qu’il n’y en avait pas besoin. Seuls les malades devaient en porter. Un peu plus tard dans la période, seuls les malades et les personnels soignants en avaient besoin.

J’ai donc demandé que la mairie achète, essaie d’acheter, les 3 produits en question. Nous avons réussi à trouver quelques litres de gel pour assurer le minimum de service pour le scrutin des municipales. Nous avons pu obtenir des gants à la pharmacie de la commune. Mais il n’existe pas de lieu pour acheter des masques, y compris, pour une collectivité tellement la priorité est donnée au système de santé. Ceci est tout à fait normal.

En regardant de plus près, les services techniques m’ont dit qu’ils disposaient de masques aux ateliers dont ils servaient au cas où quand ils avaient des travaux particulièrement poussiéreux. C’était les masques de l’époque du SRAS. Le personnel avait convenu de cet usage, car les masques étaient périmés. Dans un premier temps, nous les avions gardés pour ce fameux conseil municipal d’installation que l’État voulait organiser à toute vitesse dans un pays confiné par ailleurs. Nous les aurions mis à disposition des élus qui l’auraient souhaité. Ce conseil est reporté au mois de mai.

En creusant, nous finissons par apprendre la raison de l’obsolescence de nos masques : l’élastique ! Celui-ci vieillit plus vite que le reste du produit, et risque donc de casser. En réalité, c’est une mesure de large précaution car la solidité réelle de cet élastique n’est pas bien connue et donc la date indiquée est bien en deçà du risque de rupture. Petite cause, très gros effets.

Après la crise du SRAS, il y aurait eu en France un stock d’un milliard de masques. Je ne sais dire de quel type il s’agit. En revanche, je suis sûr que des millions d’exemplaires ont dû être jetés à cause de cette date de péremption mal évaluée. Aujourd’hui, nous nous réjouissons quand un million de masques arrivent de Chine. Ce sont des dizaines de fois ce volume-là qui doivent croupir dans des décharges.

L’obsolescence programmée, y compris par les dates de péremption, est un énorme gâchis. On gâche de la ressource, tout ce qui a été façonné l’a été à partir de matière première qui n’aura servi à rien. On gâche de l’énergie car produire, c’est toujours consommer des kWh. Mais pire que tout, on gâche l’usage ! L’usage, c’est ce qu’il manque aujourd’hui aux professionnels de santé, mais aussi aux caissières, aux livreurs, et plus largement à ceux qui assurent la continuité des services de base nous permettant de ivre en étant confinés.

L’usage c’est aussi, certainement, la possibilité que nous aurions tout un chacun à pouvoir en porter un.

Après le confinement, nous ne devrions plus consommer pour jeter !

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