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Articles avec #france tag

Quelques chiffres sur le monde automobile

6 Avril 2020 , Rédigé par Gérard Poujade Publié dans #Développement durable, #Economiecirculaire, #France, #agenda21

Quelques chiffres sur le monde automobile

Il y a en France 40 millions de voitures. La distance moyenne parcourue est de 13.000 kilomètres par an.

Cela veut dire que nous parcourons 520 milliards de kilomètres tous les ans, soit 10 milliards par semaine.

Une voiture fait en moyenne 160.000 kilomètres durant sa vie. En prenant pour hypothèse que la quasi-totalité des voitures sont à l’arrêt pendant le confinement, cela veut dire que chaque semaine on « économise » la vie de 62.500 voitures. Si cet arrêt imposé dure 8 semaines, c’est un demi-million de voitures qui n’auront pas été consommées dans l’intervalle. Cette absence de roulage, va diminuer pour plusieurs années le parc de voitures à renouveler. Pour donner un ordre d’idée, il s’est vendu 2,2 millions de voitures en 2019.

 

Si on prend pour hypothèse que ces voitures consomment 6 litres tous les 100 kilomètres, ce sont 2,4 milliards de litres de carburant non consommés. Ceci devrait entraîner une moindre dépense mensuelle de 3 milliards d’euros.

 

L’assureur MAIF a écrit à ses sociétaires que la mutuelle allait faire de substantielles économies au regard de la baisse spectaculaire de l’accidentologie automobile.

 

En matière d’émission carbone, avec une production de 140 g de CO2 par kilomètre parcouru, ce sont 1, 4 millions de tonnes de CO2 en moins dans l’atmosphère national chaque semaine. Ces chiffres étonnants montrent pourquoi les images que l’on peut voir du ciel sur les particules fines ou d’autres polluants peuvent si rapidement modifier.

 

Cet épisode aura – peut-être - profondément changé le rapport de beaucoup de personnes au télétravail. Si ce mode de travail venait à connaître, on pourrait tout à la fois :

  • Diminuer les émissions carbone de nos déplacements.
  • Économiser le budget voiture qui pourrait ainsi durer plus longtemps.
  • Diminuer le nombre d’accidents.
  • Augmenter le pouvoir d’achat des salariés en diminuant le coût transport, et peutêtre aussi celui des polices d’assurances.

 

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Les européennes 2019 : même résultat qu'en 2014.

3 Juin 2019 , Rédigé par Gérard Poujade Publié dans #France, #européennes2019

Les européennes 2019 : même résultat qu'en 2014.

Et si finalement rien n’avait vraiment bougé entre 2014 et 2019 aux élections européennes. Les formations politiques, ou plus particulièrement leurs leaders veulent de moins en mois se considérer de gauche de droite ou d’extrême droite. Mais rien ne nous interdit de le faire à leur place.

Et cela donne les résultats livrés dans le tableau joint à cet article. Avec cette classification on voit que les 3 groupes (gauche, droite et extrême droite) font au global le même score (à moins de 1 % près) le même score qu’il y a 5 ans. C’est à l’intérieur de ces regroupements qu’il y a eus des mouvements.

Classement à gauche :

Même si LFI et EELV ne veulent pas se dire de gauche, leur électorat est de cette mouvance par défaut d’autre choix. En effet, on voit mal les électeurs de LFI voter à droite ou à l’extrême droite. Idem pour les Verts, même si certains analystes s’imaginent à un rapprochement entre EELV et LREM, la base électorale écologiste ne se retrouve pas dans le libéralisme présidentiel. S’il en fallait une démonstration supplémentaire, la démission de N. Hulot et ses nouvelles prises de position, interdit toute « manœuvre » de la part de EELV en ce sens, et à mon avis peu de monde y songe.

À l’intérieur de cette famille, c’est EELV qui est gagnant. Générations et le PC ont à peine dopé le score des différentes familles divers gauche de 2014, sans pouvoir prétendre à un rôle d’organisation moteur au sein de la gauche.

Le score total en légère baisse de 0,7 % est dans « l’épaisseur du trait » et dans la difficulté de classer les listes divers gauche régionales de 2014. En cas contraire on pourrait même dire que le score de l’ensemble des « grands » partis de gauche est en progression, certes, fort légère.

Classement à droite :

Il est certain que les dirigeants de LREM ne souhaitent pas être classés à droite. Mais là aussi un classement par défaut interdit de les classer à gauche ou à l’extrême droite. De plus leur idéologie très libérale peut même être considérée comme plus à droite que Les Républicains.

À l’intérieur de ce camp, les scores inversés entre 2014 et 2019 du centre droit et de l’UMP de l’époque avec LREM et Les Républicains du dernier scrutin donnent à penser qu’il y a comme des vases communicants entre ces deux formations, un peu comme une prime au sortant.

Le score global en progression de 0,7 % est là aussi dans l’épaisseur du trait.

Classement à l’extrême droite :

En 2014, Debout le France n'avait pas encore opéré son rapprochement présidentiel avec le Front National. Mais les idées que développe Dupont-Aignan font maintenant partie du paysage à l’extrême droite française. Les candidats sur ce spectre de la politique française sont plus nombreux qu’en 2014. Messieurs Asselineau et Philippot ne font que des résultats extrêmement faibles. Si le RN perd 1,5 % par rapport à 2014, le score global de l’extrême droite ne faiblit que de 0,2 %. Là encore, l’épaisseur du trait.

 

Quelles leçons pour le futur ?

En préalable, il ne faut pas oublier que chaque élection dispose de son microclimat. Et qu’à chaque européenne, des partis (RN et EELV) font plus que ce que ces deux formations font dans les autres élections. Mais poursuivons l’analyse dans une perspective présidentielle.

Des ministres dits « de droite » du gouvernement ont appelé des maires Républicains à rejoindre le mouvement présidentiel. Cette tentative de débauchage ne devrait être qu’une préfiguration d’une nouvelle version d’une l’UMP nouvelle. La droite française a toujours été divisée en deux camps (ex UDF et RPR).

La tentation sera grande de vouloir pour certains dirigeants à vouloir recréer un mouvement global autour du président, UDI comprise.

Le frein doit venir probablement de « l’aile gauche présidentielle » dont la perte d’influence ne va pas cesser de décroître. Mais la tentation sera forte pour que Macron, qui aura été élu en 2017 sur une base de gauche, le soit en 2022 sur une base nouvelle de droite.

La démission de L. Wauquiez pourrait être un élément facilitateur de ce genre de rapprochement.

D’une certaine façon, les choses sont plus simples à gauche. Le morcellement à l’extrême de ce camp lors du scrutin de main dernier ne donne aucun espoir s’il n’y a pas un rapprochement entre toutes ces formations. Je ne sais pas le temps qu’il faudra à la gauche pour comprendre que sans rapprochement, il n’y a pas de stratégie gagnante pour accéder au pouvoir.

Et paradoxalement, s’il y avait un mouvement vers une candidature unique à gauche, il y a de fortes chances pour qu’un tel candidat arrive en tête d’une présidentielle. Mais nous n’en sommes pas là.

Quand à l’extrême droite, il n’y a pas grand-chose de nouveau. Ce qui a été appelé le « plafond de verre » est toujours en place. IL ne faut pas voir dans la candidature Bellamy, une opportunité de rapprochement avec l’extrême droite. Je pense que c’est même l’exact contraire. Ce camp réduit à 8 %, ce sont les fidèles d’une marque plus que les aficionados de la manif pour tous. Ces derniers sont déjà dans l’extrême droite actuelle. Idem pour le retour éventuel en politique de Marion Maréchal Le Pen. Certains pensent qu’elle serait plus attractive pour les ex-Républicains. Au contraire, je crois qu’elle en serait un repoussoir plus fort encore. En tout cas, si la stratégie du RN consiste à siphonner les Républicains, force est de constater au travers de cette élection, c’est que cela n’a pas fonctionné. Le parti Républicain a perdu plus de 10 points depuis la présidentielle sans que le RN n’en ait gagné.

 

Plus proche, il y aura les échéances municipales. Celles-ci vont donner une image fort différente de l’élection européenne. En effet, les phénomènes liés aux sortants vont donner des résultats qui n’auront plus grand-chose à voir avec le scrutin de mai dernier.

On imagine mal le maire (Républicain) de Toulouse ne faire que 8 % des voix alors que les sondages sur sa ville, le placent à plus de 30 %. Qu’en sera-t-il du rapport de force à Paris entre les Verts et Anne Hidalgo ? S. Griveaux qui s’imagine se rapprocher des Verts dispose-t-il des voix enregistrées par la liste LREM ? Je ne le crois pas.

Enfin, plus intéressant seront les cas, où les maires élus en 2014 ne se représentent pas, comme à Bordeaux par exemple. Là, pour le coup, il y aura une vraie nouvelle donne.

Peut-être que le plus intéressant sera ce qu’il se passera, ou pas, à gauche. LE PS avait perdu beaucoup de villes en 2014. La constitution de listes municipales pour la gauche va être un casse-tête pour la simple question de la tête de liste. La formation qui voudra prendre un leadership avec une base électorale très faible se retrouvera face à d’autres listes de gauches, et toutes celles-ci seront vouées à être des minuscules oppositions. En revanche, de nombreuses initiatives citoyennes voient le jour, comme à Toulouse par exemple. Mais la difficulté demeurera toujours dans la constitution du casting de la liste et des postes éligibles. Soit ce sont les partis qui prennent l’affaire en main en demandant aux citoyens de les soutenir, et cela ne donnera pas de résultats. Soit ce sont des citoyens qui conservent la main et les partis de gauche qui soutiennent ce mouvement, et là, tout d’un coup bien des choses deviendraient possibles.

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L’analyse de quelques circonscriptions qui décryptent l’électorat.

21 Juin 2017 , Rédigé par Gérard Poujade Publié dans #Pauvreté, #France

Au travers de quelques cas particuliers de circonscriptions, essayons de comprendre les ressorts de l’électorat. Le dégagisme, cela peut déjà avoir concerné la République en Marche. Et si le vrai problème était l’état de la pauvreté dans le pays ?

 

Connaissez-vous la quatrième circonscription de la Manche ? Si je vous dis le Cotentin, Cherbourg, vous voyez un peu mieux. Cette circonscription avait un député fort connu : Bernard Cazeneuve, qui ne se représentait pas. Vous ne connaissez pas Blaise Mistler et Sonia Krimi. Pourtant un regard sur cette parcelle de la France mérite un temps de réflexion. La République en marche investit son candidat officiel : Blaise Mistler. Fort mari de cette désignation dénoncée dans le presse comme une manœuvre d’appareil, le groupe local propulse une candidate en marche dissidente : Sonia Krimi.

Le premier tour se déroule comme prévu :

  • B. Mistler en tête avec près de 24 % avec 10.219 voix
  • S. Krimi 17% arrive seconde devant les formations nationales avec 7.261 voix
  • FN : 13,2%
  • PS : 13%
  • LR : 11,7 %
  • LFI : 10,6%
  • Aucun autre candidat en dessus de 5%

Et là, manifestement, il va se passer quelque chose à l’observation des résultats du second tour. Pour preuve :

  • Sonia Krimi : 15.636 voix soit 61%
  • Blaise Mistler : 10.028 voix soit 39 %

Plusieurs éléments sont intéressants. Le candidat officiel ne réunit pas une voix de plus. Pire encore il ne réunit pas ses électeurs de son premier tour, alors qu’il aurait du bénéficier de la dynamique de son arrivée en tête. Mais lorsque l’on observe la progression du nombre de voix de Mme Krimi, on peut se dire que toutes les formations politiques éliminées au premier on créé une sorte de font anti « en marche officiel ». C’est à croire que localement un vent de dégagisme a déjà concerné un membre de la République en Marche. Le comble, le vent de cette « révolte » était interne.

Un mot sur le dégagisme. Même si je l’ai employé à plusieurs reprises, je n’aime pas ce mot. Je crains fort qu’il porte une volonté profonde de dégager la démocratie. Ce mot dit trop le « tous pourris », ou « tous pareils ». Il y a un front de refus. Et ceux qui ont le plus dégagé, ce sont les électeurs qui à 57 % ne sont pas venus voter.

 

Poursuivons notre promenade législative par la première de la Somme. Là, on peut un peu mieux connaître c’est la circonscription d’Amiens, la ville de Macron. Ici aussi le résultat du second tour n’est pas forcément en corrélation avec le premier tour. Rappel des chiffres du premier tour :

  • REM : 34% avec 13.394 voix
  • LFI avec François Ruffin : 24,3% par 9.545 électeurs
  • FN : 19,94 %
  • LR : 13,4 %
  • PS : 7%
  • Les autres candidats ne dépassent pas les 2%

Dans l’absolu, la « réserve de voix » peut être imaginée dans les 2770 électeurs du parti socialiste, la « remontada » est juste impossible. Quid du second tour ?

  • LFI : 56 % avec 19.329 voix
  • REM : 44% avec 15.205 voix

Là aussi, un réflexe anti-REM a joué. Et le front du refus aura été très large. Il y a fort à parier que des électeurs de tous les candidats éliminés au premier tour auront contribué à la victoire de François RUFFIN. Il y a aussi fort à parier qu’une forte part des électeurs frontistes de premier tour n’aura pas hésité à se reporter sur le candidat Insoumis.

Il s’agit d’un contexte très différent de la Manche. Ce regroupement, n’aura pas été une règle nationale. Même si, un peu partout, le moindre résultat national provient aussi de ce refus de vouloir laisser les mains libres aux candidats investis d’en haut par « En marche ».

Le cas de F. Ruffin est emblématique d’un « contexte local ». Il est d’Amiens, mais surtout, personne ne peut lui dénier le droit d’être un défenseur des (vrais) gens du coin. Son film, son implication auprès des « petites gens » sont une preuve pour tous. Résultat aux scrutins : lors du premier tour les électeurs choisissent selon l’étiquette. François Ruffin passe l’écueil du premier tour. Et tout d’un coup. On a là la preuve d’un gars impliqué localement, face à un maire recyclé du PS à « En Marche ». Le score du PS du premier tour aurait du être un premier signal.

 

Enfin les candidats à la présidentielle. Tous les commentaires se sont focalisés sur les élections de J.L. Mélenchon et de M. Le Pen. Mais fort peu nombreux ont été les commentaires sur les réélections de Jean Lassalle et N. Dupont-Aignan. Dans ces deux derniers cas, ne serait-il pas question d’une autre forme de dégagisme. Leur score à la présidentielle témoigne de leur manque d’une ligne politique claire. Mais leur décalage les met en avant comme une variante antisystème, prouvant que l’on peut commettre à peu près n’importe quoi et être réélu. En fait seul Benoit Hamon n’aura pas capitalisé sur sa présidentielle. Candidat trop à gauche pour les socialistes historiques (ou revanchards), trop socialiste pour les électeurs locaux de la France insoumise, il lui aura manqué 90 voix pour savoir s’il pouvait battre la candidate REM dans une second tour plus ouvert qu’il n’y paraissait.

Mais est-ce vraiment le seul à ne pas avoir capitalisé après la présidentielle ? Parmi les signaux faibles qu’envoient les détails des élections, que faut-il penser de l’élimination de la belle-fille d’E. Macron au Touquet.

Arrêtons de nommer cela du dégagisme, mais cherchons à comprendre la conflagration politique en œuvre ici.

D’ailleurs est-ce uniquement en France que cette lame de fond de suspicion envers les démocraties se produit ?

Brexit, Trump, Erdogan, Orban, nationaliste polonais, la manipulation des électeurs pour pousser les plus démunis à ne pas voter pour laisser le champ libre à ceux qui vont les enfoncer plus encore dans la pauvreté et la précarité est inquiétante. Il faut souhaiter à tout gouvernement de réussir, car la vie réelle ne ressemble pas aux téléréalités des stars heureuses que les télévisions (ne pas appeler cela médias, merci) déversent dans tous les pays du monde. S’il y a un malaise, c’est celui de la pauvreté et son corollaire le plus grave celui des inégalités. Les gens ordinaires ont tous les jours la preuve sous leurs yeux de l’injustice de ce monde, de l’arrogance des puissants. Alors ils rejettent tout comme un immense complot. Le paradoxe est que notre pays, plus pauvre, plus inégalitaire s’est choisi une large majorité de représentants du peuple issus des catégories les plus aisées.

Il faut tordre le cou à cette idée que le chômage est le problème. Le problème est la pauvreté. Le raccourci qui lierait le taux de chômage à la pauvreté réelle d’une population est une fable qu’il faut sans cesse dénoncer.

Réussir, cela veut diminuer les inégalités, pas seulement réduire le taux de chômage.

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Les élections de 2017 ou le choix de l’âne de Buridan.

19 Juin 2017 , Rédigé par Gérard Poujade Publié dans #France, #Le Séquestre

L’âne de Buridan, selon la légende est mort parce qu’ayant faim et soif, et placé à égale distance d’un seau de picotin et d’un seau d’eau, son indécision, qui fût son troisième choix, l’empêcha d’aller vers l’un ou l’autre de ces deux seaux.

Ce dilemme, cette indécision n’a-t-elle pas joué lors de ces dernières élections ? La cinquième place du candidat investi par le parti socialiste est peut-être la meilleure illustration de ce qu’il s’est en partie joué lors du premier tour de la présidentielle. L’électorat socialiste était habitué à « voter utile ». Les déchirements de la primaire socialiste, la suite des règlements de comptes entre pro-Hollande et frondeurs ont amené les électeurs traditionnels du parti socialiste devant un dilemme du même type.

Tout d’un coup, ils se sont retrouvés avec 3 choix :

  • Voter socialiste officiel en choisissant le bulletin Hamon
  • Choisir un social libéralisme dans le droit fil des années Hollande en votant Macron
  • Choisir une option plus à gauche en optant pour Mélenchon.

Le phénomène du vote utile de cet électorat a joué à deux reprises :

  1. Dans un premier temps, c’est Macron qui a capitalisé les voix les plus à droite des ex-socialistes.
  2. Tout d’un coup la candidature de Hamon ne servait plus à rien. Alors la partie la plus à gauche, paradoxalement, celle la plus proche du candidat officiel, a, elle aussi, choisi de voter utile en votant Mélenchon

Du coup, la pertinence d’un vote Hamon, puis d’un vote socialiste a disparu. Les législatives ont montré que le parti socialiste était devenu le cinquième parti de France.

Mais le résultat est plus mauvais que ce qu’il n’y paraît. Dans le score socialiste demeure des candidats autorisés. En ce soir du 18 juin, il y a officiellement 29 députés socialistes, 3 radicaux de gauche, 1 EELV et 12 « divers gauche ». Ne cherchez pas plus loin, il n’y a pas 45 élus socialistes et leurs alliés, comme la soirée électorale l’a répété à l’envie. Bon nombre de ces élus sont des députés autorisés par Macron qui n’avaient pas de candidat « République en Marche en face d’eux. Il ne faut avoir aucun doute s’ils avaient eu à affronter une concurrence « En marche », il n’y aurait peut-être plus eu de groupe socialiste à l’Assemblée. Pour détailler, si nous observons qui sont les 3 élues radicales de gauche. Nous avons Jeannine Dubié dans les Hautes Pyrénées qui est élu face à un candidat en marche. Ensuite, Sylvia Pinel en Tarn et Garonne est élue en l’absence de candidat REM, qui lui aurait certainement interdit l’accès à un second tour. Et enfin Annick Girardin est élue à Saint-Pierre et Miquelon, alors qu’elle est Ministre de ce gouvernement. Ces 3 élues vont-elles voter la confiance au gouvernement comme une seule femme. Mais plus encore, est-il sensé de les additionner dans une « groupe socialiste » présenté comme une force d’opposition ? Quid du seul député écologiste Eric Alauzet ? Sur la ligne De Rugy, est élu sans candidat en Marche et soutenu de près par ce mouvement ? On le voit mal dans une attitude de franche opposition, même s’il portait l’étiquette EELV. Mais quid des 29 socialistes « encartés », en combien de sous-catégories faut-il les dénombrer ? Il y a ceux qui venant de la fronde auront été soutenu par la France Insoumise pour le second tour comme Régis Juanico ou Jérôme Lambert (2 députés sur 29), il y a ceux qui auront gagné face à un candidat de la « République en Marche » sans l’appui de La France Insoulise(19 sur 29), comme Valérie Rabault dans le Tarn et Garonne ou Boris Vallaud dans les Landes, enfin il y a ceux – Macron compatibles –qui ont été autorisés par les REM, comme Stéphane Le Foll, Georges Pau-Langevin ou Ericka Bareigts (8 députés sur 29). Pas facile de produire une addition bien unie. Enfin, il y a les 12 « divers gauche », parmi lesquels Manuels Valls. Ce « groupe » comprend 9 ultra-marins aux contextes locaux très importants et 4 de ces 12 députés n’avaient de candidat en Marche ou modem en face d’eux. Compliqué d’en déduire des logiques nationales de groupe.

Mais le dilemme de l’âne de Buridan a également concerné Les Républicains. Il ne fait plus de doutes pour personne que tout autre candidat Républicain, en lieu et place de F. Fillon, aurait gagné l’élection et que Macron n’aurait pas vu le second tour. Le dilemme n’est apparu qu’aux législatives. Il s’est mis en place après la nomination du gouvernement. L’électorat traditionnellement à droite s’est retrouvé avec les mêmes trois choix :

  • Voter Républicain pur sucre et porter un bulletin « Les Républicains » ou UDI.
  • Ou bien voter « utile » en votant Macron pour la partie la plus libérale de la droite
  • Ou bien voter pour une droite plus dure en se retournant vers le FN.

Et tout d’un coup le vote des Républicains non-Macron compatible ne servait plus à grand chose. Même constat sur 113 candidats Républicains 13 UDI, seule une partie des députés ont gagné contre des candidats en Marche. Les autres sont aussi des députés « autorisés ».

Mais le dilemme va se nicher beaucoup plus loin dans l’élection législative. L’inversion du calendrier par L. Jospin en 2001 aura été la première pierre de cette mise à l’épreuve de l’âne de Buridan pour l’ensemble de l’électorat. Car, là aussi, il y a trois choix :

  • Voter utile en votant pour les candidats qui se déclarent pour le Président (option légitimiste)
  • Voter contestation en votant pour une des opposants au Président.
  • Ou bien ne pas voter, voter blanc ou nul.

C’est la question qui va se poser aux « groupes » que sont les socialistes et apparentés d’une part et les Républicains d’autre part dès la vote de la confiance au gouvernement. Ils voteront la confiance, contre la confiance, ou s’abstiendront. C’est là que seront réellement créés les groupes.

Si des députés restent dans un même groupe après avoir voté différemment la question de la confiance, ils continueraient à prouver qu’ils ne comprennent pas le rejet que les électeurs viennent de leur infliger. Tout le monde va bien comprendre que ce sont des questions d’argent, de moyens mis à disposition des groupes qui auront prévalu face aux idées.

Il est un chiffre peu commenté des résultats des deux premiers tours (Présidentielle et Législatives). Il y a eu beaucoup de commentaires sur les pertes du Front National et de La France Insoumise entre ces deux scrutins. Tous les commentateurs et analystes ont mis le doigt sur la désaffection de ceux qui avaient voté pour Marine Le Pen et J.L. Mélenchon à la présidentielle et qui ne sont pas revenus voter pour les candidats de ces deux formations. Tout le monde a son commentaire sur le débat manqué de M. Le Pen, ou sur les difficultés de créer les conditions de candidatures uniques à gauche de J.L. Mélenchon. En revanche, personne n’a parlé de la désaffection du vote Macron et République en Marche et Modem.

En effet, E. Macron avait réuni 8,66 millions d’électeurs, mais un mois et demi après, la somme des voix des candidats du Modem additionnée à celle des candidats en Marche n’atteint que 7,32 millions. Le camp du Président, qui bénéficie de l’engouement de celui qui a gagné, conséquence du régime hyper présidentialisé a perdu plus de 1,3 millions d’électeurs.

Les abstentionnistes, additionnés aux votes blancs ont tous été confrontés au fameux dilemme. Seul un peu moins de 15% des électeurs inscrits ont voté leur confiance en ce président et son gouvernement lors du premier tour. Je vois la tentation de toutes les formations politiques qui estiment que ces abstentionnistes pourraient être « pour eux ». La seule chose qui est sûre, c’est que les abstentionnistes ont choisi… de ne pas choisir.

Et si nous avions tous étés des ânes de Buridan ?

(Toutes les sources proviennent des résultats publiés sur Mediapart et du Ministère de l'intérieur)

Prochain article : quelle reconfiguration politique ?

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Convention entre le Parc Naturel du Quercy et la MIPYS

10 Mars 2014 , Rédigé par Gérard Poujade Publié dans #France

Les parcs naturels régionaux ont toujours été des territoires d’expérimentation. Ce n’est donc pas un hasard que le Parc Naturel du Quercy soit parmi les premiers à passer une convention avec la MIPYS.

L’objet de cette convention sera le développement des échanges locaux sur le territoire du parc. S’il est un lieu ou l’économie circulaire, l’économie de proximité, c’est bien ce genre de territoire. Catherine MARLAS, présidente du parc avait été parmi les toutes premières à bien comprendre cet intérêt.

 Nous allons procéder à la recherche commune des PME-TPE qui vont pouvoir proposer les services de proximité, les artisans qui pourront promouvoir la rénovation énergétique que cette monnaie est sensée promouvoir. Monnaie des villes et monnaie des champs, le slogan est toujours le même « pour ici la monnaie » !

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Pénurie de candidatures aux municipales ?

7 Mars 2014 , Rédigé par Gérard Poujade Publié dans #France

Y allait-il avoir assez de candidats pour les municipales ? La date échéance pour le dépôt des listes au 6 mars était une nouveauté pour les communes de moins de 3.500 habitants. Finalement, mis à part quelque étourdis ou retardataires, il y aura eu des candidats quasiment partout. La véritable question est celle du nombre de communes. S’il est un sujet tabou, c’est bien celui-là.

Alors que l’on est en train de voir comment diminuer la DGF (Dotation globale de fonctionnement),  ce contre quoi les instances de représentations des élus sont vent debout, il serait temps d’imaginer un dispositif incitant ces dernières à se regrouper. Par ce biais (la DGF) l’Etat finance les collectivités, donc les communes, qui se prévalent par ailleurs de ne pas être endettée. C’est un calcul à courte vue, car l’Etat, lui est obligé de s’endetter pour financer des budgets de fonctionnement aux communes.

Les communautés de communes ou d’agglomération ont été une première étape, mais une étape supplémentaire consisterait à faire en sorte que le nombre de maires et de conseils municipaux diminuent. La mise en place des EPCI (Etablissement publics de Coopération Intercommunale, les communautés) n’aura permis en rien de diminuer la charge de l’état, pire, elle l’a aggravé.

L’état a fixé une règle pour les élections avec un seuil à 1.000 habitants. Pourquoi ne pas donner le temps d’un mandat – celui qui vient – pour demander aux communes de moins de 1.000 habitants de se regrouper avec d’autres jusqu’à temps de dépasser ce seuil ? Il n’y a pas de disparition des maires, tous les territoires auront toujours leur édile. Une commune de 1.000 habitants même dans les zones peu denses, ce ne sont pas des territoires gigantesques, il restera donc la proximité dans tous les cas de figure.

Mais dans le milieu rural quelles économies d’échelle et de structures peuvent être envisagées ! J’invite l’Etat à ne pas toucher pendant 5 ans la DGF des communes qui envisagerait de fusionner, et donc de diminuer plus celles qui ne bougeront pas. Et surtout, il serait très intéressant que quelqu’un fasse un jour la mesure des économies réelles que cela génèrerait et l’impact sur les impôts locaux… C’est vraiment un sujet tabou !

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Rapport du médiateur sur la précarité énergétique : le rapport qui fâche.

21 Mars 2012 , Rédigé par Gérard Poujade Publié dans #France

En cette période d’amnésie au sommet de l’Etat sur le bilan de la politique menée, le médiateur de la République vient de publier son rapport sur la précarité énergétique.

Après avoir découvert que les entreprises du CAC 40 ne payaient pratiquement pas d’impôts, d’aucuns vont bientôt se rendre compte que 3,8 millions de foyers ont du mal à payer leur chauffage, leur électricité.

A l’agence Régionale du Développement Durable (ARPE), nous avons mené une étude qui montre que 13% des foyers de Midi-Pyrénées sont victimes de cette précarité énergétique. Mais plus grave encore, si une hausse des coûts de l’énergie de 10% intervenait, c’est être 20 et 25% des foyers qui seraient concernés.

Cette étude montre que c’est plus particulièrement en milieu rural, dans des bâtisses anciennes, que ce sont plutôt des propriétaires, plutôt des personnes âgées qui sont concernées.

Le plus scandaleux est que la CSPE (Contribution au Service Public de l’Energie), encore une taxe que la droite a mise en place est payée, par tous les usagers, y compris ceux qui sont les plus démunis.

La trêve hivernale des coupures d’énergie n’est qu’un emplâtre sur une jambe de bois. C’est l’ensemble de la lutte contre la précarité énergétique qu’il faut mettre en place

F. Hollande propose une tarification sociale et progressive de l’énergie, de lier celle-ci à une rénovation énergétique des bâtiments. C’est par une remise à plat de la prise en compte de ce besoin essentiel qu’est l’énergie qu’une solution pourra être trouvée

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Les SCIC ont 10 ans

9 Février 2012 , Rédigé par Gérard Poujade Publié dans #France

Cet après-midi, à Paris, la fédération nationale des cuma et l'union nationale des SCOP fêtent les 10 ans du statut des SCIC.

J'y interviendrais pour deux raisons :

- d'une part pour évoquer la tarification sociale et progressive de l'eau, et dire comment l'eau pourrait être gérée sous la forme de SCIC.

- dire que ce statut doit évoluer pour que les collectivités puissent augmenter leur participation au capital des SCIC, et ensuite voir comment les mêmes collectivités pourraient utiliser le "in house" propre aux SPL pour faire travailler les SCIC dans lesquelles elles sont actionnaires.

 

Par ici le programme

 

 

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Quels consommateurs sommes-nous ?

18 Septembre 2011 , Rédigé par Gérard Poujade Publié dans #France

Je vous livre ci-après le lien vers le blog d'éthicity.

Sur cette page, vous pourrez lire les rapports publiés le 8 septembre dernier sur les différentes catégories de français au regard du développement durable.

En cette période de crise internationale, le Développement Durable apparaît moins comme une préoccupation des français. Cela me rappelle une étude que j'avais entendu dans un colloque sur les déchets à Agen il y a déjà quelques années. Cette étude indiquait que plus les foyers étaient pauvres, moins ils étaient sensibles aux questions de tri des O.M.. Quand la préoccupation économique devient importante, celle d'une vision à long terme s'estompe.

L'étude d'Ethicity est très éclairante, elle classe les français selon leur comportement. Entre les "éco-retreints" qui n'ont pas les moyens de consommer durable, et les "consophages" qui bien qu'ayant les moyens n'ont rien à faire des répercussions de leurs actes sur le long terme, la population est répartie en 8 catégories que je vous invite à lire le communiqué de presse et sur la présentation de l'étude.

Félicitations à Ethicity.

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il n'y a (déjà) pas de fuites radioactives !!!

12 Septembre 2011 , Rédigé par Gérard Poujade Publié dans #France

Tout d'abord, je suis attristé qu'une personne soit morte à cause de l'explosion de ce four, mais je suis très étonné que l'on puisse déjà communiquer qu'il n'y ait pas de fuites radioactives.

Le passé de la communication du nucléaire ne pousse pas à la confiance aveugle dans ces communiqués. Et je trouve que ce genre de communiqué à peine demi-heure après que l'explosion soit connue est très rapide.

Dans tous les cas de figure, on ne peut pas ne pas faire le lien avec ce qu'il s'est passé il y a six mois au Japon. La France n'est pas à l'abri d'accidents nucléaires. L'opérateur a beau dire qu'il ne s'agit que d'un accident industriel, je trouve qu'on joue beaucoup sur les mots.

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