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Articles avec #pauvrete tag

Le revenu réellement universel pour un quart des français : la retraite.

27 Septembre 2018 , Rédigé par Gérard Poujade Publié dans #Développement durable, #Pauvreté

La réforme des retraites est un feuilleton triste des injustices et des inégalités dans toutes les sociétés, pas seulement en France. Pourtant une variante du revenu universel permettrait de traiter toute une série thématique à la fois.

La retraite, voilà bien au moment, où les questions de mérite, de formation, de capacité de travail ne jouent plus. 

La proposition est très simple : tous les retraités perçoivent le même montant de retraite. Ce serait une revenu universel appliqué à partir d’une date anniversaire.

Lors de la campagne de Benoît Hamon, tout un chacun y est allé du coût de la mise en place, qui aurait été exorbitante, d’un revenu universel. Ici, l’énorme avantage est que ce revenu universel qui concerne 16 millions de personnes en France, ne coûte pas un euro. Un quart des français aurait d’ores et déjà un revenu universel sans aucun changement ni du point de vue des cotisations sociales, ni de l’imposition.

 

Avantage 1 : Le montant, une mesure sociale

Le montant moyen d’une retraite mensuelle est en France de l’ordre de 1370 €. Il est important de noter que plus de la majorité des retraités touchent moins que ça. Je n’ai pas les chiffres exacts, mais les quelques bribes d’informations que j’ai pu collecter donnent à penser que 66% des retraités touchent moins que le revenu moyen, comme souvent dans les calculs de moyennes et de médianes.

Donc une minorité d’un tiers des français touche plus, et les deux tiers touchent moins.

On voit tout de suite qu’il s’agit d’une mesure éminemment sociale, puisque deux tiers des retraités auraient une pension revalorisée, ce qui représente plus de 10 millions de personnes.

 

Avantage 2 : la simplicité

L’universalité de la mesure s’appliquerait à une date anniversaire. A partir de celle-ci, le revenu moyen vu ci-dessus serait automatiquement appliqué. Donc finis les calculs complexes, les reconstitutions de carrières, les services administratifs de tous les régimes de retraites différents.

Une telle simplicité contribuerait certainement à alléger la gestion des retraites et donc diminuerait les coûts de gestion. Ces coûts pourraient utilement servir à abonder le montant mensuel.

Le montant moyen d’une retraite tournerait donc à 1.400 € net par mois

 

Avantage 3 : la lutte contre la pauvreté.

Selon comment on mesure le taux de pauvreté, on peut s’accorder sur un chiffrage de 1,3 millions de personnes que l’on sortirait immédiatement de la pauvreté (revenu inférieur à 1050 € mensuels). Cela diminuerait la pauvreté globale en France de près de 25%.

Sortir un quart des français avec une mesure qui ne coûte pas un euro, ni à la collectivité, ni aux entreprises, ni aux français, on aura du mail à trouver une mesure aussi efficace.

 

Avantage 4 : une parfaite égalité homme femme

Le critère est l’âge. Donc homme comme femme toucheront le même montant. L’âge de la retraite constituerait à rééquilibrer l’égalité des revenus de l’ensemble des français en égalisant ceux qui auraient atteint l’âge de la retraite.

 

Objection 1 : la perte de revenus pour ceux qui auraient touché plus.

Justement ceux qui toucheraient plus seront, et de très loin, ceux qui auront eu le plus de temps pour « stocker » ou accumuler plus. A quoi sert donc de faire persister cette différence au moment où ni le mérite ni la part produite, dans le cadre du monde du travail, n’intervient ?

 

Objection 2 : le traitement de ceux qui touchent plus aujourd’hui.

Tout d’abord ce point est à considérer par foyer. En effet, il peut fort bien y avoir dans un couple un des deux retraités qui touche plus et l’autre qui touche moins, il ne faut donc considérer que ceux dont la somme des 2 retraites est supérieur à deux fois le montant moyen, soit 2.800 € net.

Pour ceux-là, ainsi que pour la mise à niveau à coût constant, il faut imaginer une conversion des montants vers le montant moyen de 5 ans.

 

Objection 3 : Quid de ceux qui perçoivent des revenus supplémentaires (loyers, placements divers) ?

C’est l’imposition progressive qui permet de traiter la contribution des plus fortunés.

Une variante de ces questions peut être : que fait-on des 1% les plus riches ?

On peut toujours imaginer les exclure du dispositif, mais ce n’est pas une très bonne idée. D’une part parce qu’en remettant une conditionnalité, on complique à nouveau le dispositif. Et, de plus, si on redistribuait ce qu’auraient touché les 1% les plus riches, cela ne contribuerait à augmenter le revenu moyen de 14 € !

 

Conclusion : pourquoi ça ne se fera jamais ?

On le voit ci-dessus, les objections ne pèsent pas très lourd face aux objections et pourtant, ça ne se fera jamais. Pourquoi ?

Parce que tous ceux qui écrivent ou pourraient écrire ces règles touchent ou toucheront plus, voire beaucoup plus que le revenu moyen.

Je suis presque sûr que tous les parlementaires, les cadres des organismes de retraite ou les cadres de la fonction publique qui pourraient écrire de telles règles se retrouveront pratiquement tous dans les 10% les plus riches au moment de l’âge de la retraite.

 

Plus juste, plus égalitaire entre hommes et femmes, plus efficace pour lutter contre la pauvreté, plus simple, ne coutant rien à la collectivité une telle règle ne verra jamais le jour.

Riches et puissants, dormez tranquille.

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Comment achetons-nous ? Est-ce un sujet politique ?

15 Septembre 2017 , Rédigé par Gérard Poujade Publié dans #Développement durable, #biocoop, #Pauvreté

Comment achetons-nous ? Est-ce un sujet politique ?

Dans la profusion d’informations que l’on reçoit, j’ai vu arriver cette image d’un diaporama mettant en exergue les résultats d’un sondage de l’IFOP.

Je n’ai pas le moindre doute sur la qualité de l’enquête et sur la véracité des résultats. Mais pourquoi n’apprend-on rien dans cette étude, et surtout pourquoi pratiquement tout est faux ?

 

Regardez bien la question. Quels sont les critères auxquels vous accordez le plus d’importance quand vous achetez ?

Et la réponse qui vient en premier, tant en première réponse, qu’en réponses cumulées est la qualité. Et si c’était faux ?

Comment un consommateur est-il capable de juger de la qualité ? Comment sait-il reconnaître un œuf chargé au fypronil d’un œuf propre ?

Quand il achète telle ou telle marque d’eau comment sait-il que telle est de meilleure qualité ? D’aucuns s’y sont essayé et une association de consommateurs avait même démontrer que les eaux n’avaient aucune efficacité pour la perte de poids, ce qui constitue toujours une critère d’achat de qualité pour une grande quantité de consommateurs.

Comment juge-t-on de la qualité d’un iPhone ou d’un Samsung ? Comment tous ces milliards de consommateurs sont-ils tous devenus des experts de l’électronique pour juger de la qualité des composants ?

Comment, quand il achète une voiture est-il capable de juger de la qualité des alliages de la fabrication du moteur ? Comment connaît-il les différents types de gommes qui font les pneus ?

Au fait quand vous achetez une voiture, quand savez-vous vraiment qu’elle est de qualité ? Quand vous avez fait 100.000 kilomètres et qu’elle n’est pas tombé en panne ! Vous savez qu’un produit est de bonne qualité bien après son achat, quand vous avez pu expérimenter et tester en grandeur réelle qu’il avait été de bonne qualité.

Le consommateur est d’ailleurs plutôt compatissant avec son achat. S’il tombe en panne avec une voiture de marque prestigieuse, il n’aura pas eu de chance, si son voisin tombe en panne avec une marque exotique, c’est bien fait pour lui, il aurait dû s’en douter !

Sur les marchés de mon enfance, je voyais des vendeurs de melon qui répondaient qu’ils n’étaient pas dans le melon pour juger de leur qualité, manière de dire que c’est en le mangeant que l’on saurait s’il était bon… ou pas. C’est à dire après l’achat.

 

On confond la qualité avec la notoriété. Et cela change tout. Car si la qualité est une affaire de production d’ingénieurs de chimistes, de cuisiniers, d’agriculteurs, de producteurs, la notoriété est uniquement une question de marketing. Et là, on a le droit de dire tout ce que l’on veut, on peut mentir autant que l’on veut (ou presque) et tout passe.

Si la qualité était le vrai critère d’achat, ce serait très simple, tout le monde achèterait le même produit. En fait le problème vient du fait que l’on achète des produits alors que l’on a besoin de services.

Qu’est-ce qu’une voiture ? C’est le besoin de se déplacer. Une réponse peut être ma voiture, mais aussi le train, le bus, le vélo. Mais on ne cherche pas par rapport à son besoin, mais par rapport à ses envies. Alors, on a envie de se déplacer avec une voiture qui est une manière de se positionner socialement. Dans les critères d’achat du dernier Iphone qui va valoir plus d’un SMIC, il semblerait que ce soit surtout la possibilité de pouvoir montrer une appartenance à une classe de la société au dessus de la masse. Il n’y a aucune question de qualité. La preuve ? Quand ces nouveaux produits sortent, il y a la queue pour les acheter avant même qu’ils ne soient sortis, donc avec aucune preuve concrète qu’ils soient de bonne qualité. Une autre preuve, certains produits de telle mauvaise qualité que les fabricants sont obligés de les rappeler en réparation en masse. Allez une dernière preuve ? certains produits sont venus avec une garantie, une preuve du fabricant lui-même qu’il n’est pas sûr que son produit ne va pas tomber en panne dès le premier jour !

Mais force est de constater que cela ne nous empêche pas de continuer à les acheter en masse.

Dans l’affaire dite du dieselgate, tout le monde a eu la preuve que des marques entières fabriquaient des voitures de mauvaise qualité, avec des caractéristiques techniques mensongères, qui plus est. Mais les achats, donc les ventes se sont poursuivis, sans réelle inflexion de la part des consommateurs que nous sommes tous collectivement.

La marque est annoncée comme étant un critère à hauteur de 2% des clients. Quand quelqu’un va acheter un iphone, une BM, une Evian, un MacDo, une Rollex, un sac Louis Vuitton, du Sopalin, le journal Le Monde, il n’achète qu’une marque.

La réponse manquante dans le questionnaire est la notoriété, car, il est aisé de lier marque et notoriété. Quand vous questionner une preuve de la qualité de son achat à un consommateur, il va d’ailleurs très vite dire, comme pour se justifier, la marque de son produit.

 

Alors la réponse à la seconde question posée dans le titre est Oui.

Oui, l’acte d’acheter est une question politique. La politique ultralibérale qui prévaut partout dans le monde consisterait à donner la liberté au client de son choix. N’allez pas penser que je préconise une société ex Allemagne de l’est où tout le monde avait le droit d’acheter une Trabant, une sorte d’univers gris où tout le monde aurait la même maison, le même pantalon, la même blouse.

Mais l’absence de règles, dans la phobie organisée des normes est surtout faite pour que nous n’ayons pas le choix, bien au contraire. Souvent le choix est proposé par un très petits nombre de groupes (oligarchie) proposant des tas de marques différentes pour donner l’illusion du choix où à la fin de fins, c’est toujours le même groupe qui touche les dividendes. Il y a longtemps qu’à ce moment du raisonnement, la qualité, du point de vue du fabricant a laissé la priorité à la marge. Et donc à chaque fois qu’une émission d’investigation commence à se pencher sur un secteur, un produit, on se rend compte que la qualité finit même par disparaître ! La viande de porc est gonflée aux antibiotiques, rares sont les produits alimentaires sans conservateurs aux effets indésirables, l’obsolescence est programmée, les vêtements provoquent des démangeaisons, même les meubles sont farcis de perturbateurs endocriniens…

Alors il faut devenir consomm’acteur, mais même de cela les marques s’en emparent pour essayer de faire croire qu’en passant par les leurs, vous seriez devenu un consommateur intelligent.

La liberté c’est Médiapart et le canard enchaîné qui vivent sans publicité et sans actionnaire industriel. La liberté c’est celle que prend Biocoop de supprimer – librement - les bouteilles plastiques pour les eaux qu’ils vendent. La liberté, c’est le courage dont font preuve les agriculteurs de changer leurs pratiques culturales. Mais ces exemples sont rares. Et le politique, les politiques ne sont pas des grands facilitateurs de cette vraie liberté.

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Plan climat : ne manquerait-il pas quelques chiffres ?

25 Juillet 2017 , Rédigé par Gérard Poujade Publié dans #Développement durable, #Pauvreté, #Economiecirculaire, #agenda21

AXE 3 du plan climat présenté par Nicolas HULOT : Supprimer les 7 millions de passoires énergétiques en 10 ans.

Dans le plan climat, quelques objectifs peuvent être déclinés ou calculés. L’axe 3 du plan Climat prévoit de supprimer toutes les passoires énergétiques d’ici 10 ans. Cela concerne environ 7 millions de foyers. Ancien conseiller régional de Midi-Pyrénées qui avait en son temps mis en place un éco chèque cela permet d’avoir un chiffrage possible de cet investissement. Sur plusieurs milliers de rénovation midi pyrénéenne l’économie moyenne réalisée était de 40% pour un investissement de 15.000 €. Le montant de l’investissement pour que cet objectif soit atteint est donc de 105 Md€. Dans le plan climat seulement 4 Md€ sont prévus dont la moitié devrait servir à la contractualisation avec les collectivités pour les écoles, hôpitaux et universités. Donc en fléchant cette somme de 2 Md€ pour les particuliers, il est d’ores et déjà très clair que cet objectif ne sera pas atteint, car une incitation inférieur à 2% du montant des travaux ne sera pas suffisant.

Stopper les voitures à moteur thermique d’ici 2040. 

Quelle production énergétique d’origine électrique faut-il imaginer pour fournir des batteries chargées à l’ensemble de ce nouveau parc automobile ?

Parc actuel : Il y a aujourd’hui 38,6 millions de véhicules. Depuis l’an 2000, la progression du nombre de voitures est de 350.000 unités par an. En imaginant que ce rythme soit divisé par deux, il devrait donc y avoir 42,6 millions de véhicules en 2040. Aujourd’hui chaque voiture parcours un peu plus de 17.000 kms par an. En poursuivant une baisse régulière du kilométrage parcouru on peut imaginer une distance moyenne annuelle de 15.000 kms.

La consommation électrique avoisine les 25 kWh pour 100 kms.

Ces chiffres donnent un besoin de 160 TWh (Téra Watt Heure). C’est le tiers de la production nationale électrique actuelle.

Pour mémoire, il ya en France 58 réacteurs nucléaires en activité. Si les propos du Ministre sont également respectés, cela veut dire qu’il va falloir trouver 33% d’énergie en plus avec un quart de réacteurs nucléaires en moins (si on en ferme 17).

Imaginons que cette production soit remplacée par du photovoltaïque. Je prendrais ici les chiffres de la ferme solaire de 8 ha présente sur ma commune qui a produit de l’ordre de 5 GWh en 2014. Pour produire une telle quantité il faudrait couvrir de panneaux 3200 kilomètres carrés soit un peu plus de la moitié d’un département. Mais comme il faudra aussi rouler l’hiver, recharger également la nuit, il est bien évident qu’une telle superficie n’est que très hypothétique.

Le véritable problème sera bel et bien celui-là, indépendamment de la source d’énergie, il sera primordial de savoir comment fournir l’électricité dont on aura besoin au moment où on en aura besoin. Le risque est celui du black out du réseau.

 

Le lien entre les passoires énergétiques et le chargement des moteurs électriques

Il y a en France 33 millions de logements (source INSEE), dont 19 millions d’individuels et 14 millions de collectifs. Pour diminuer l’empreinte écologique globale, il serait peut-être pertinent de fournir aux toitures des individuels la capacité à fournir l’électricité pour eux mêmes... et leur proche voisinage.

Sur les 19 millions de maisons, on peut estimer que près de la moitié d’entre elles se trouvent en zones classées, ou sont mal exposées pour recevoir l’énergie solaire. L’état devrait investi dans les 10 millions de toitures pour y installer la plus grande ferme photovoltaïque. A raison de 50 mètres-carrés par logement cela fournirait 500 km2 de panneaux, ce qui doit être l’équivalent de 1.000 km2 au sol. Il va falloir trouver les 2/3 manquants sur les entreprises, commerces, bâtiments publics et espaces morts.

Chaque installation (avec un prix industrialisé) pourrait revenir à 10 k€, soit un budget global de 100 Md€. Cette centrale produirait de l’ordre de 5.000 kWh par maison, il y aurait une production disponible de 50 TWh. On voit donc bien que nous serions encore loin du besoin pour les seuls véhicules. Cela d’autant plus que l’utilisation la plus pertinente pour les maisons deviendra immanquablement l’autoconsommation. Or, la consommation moyenne par foyer dépasse les 5.000 kWh annuels. Donc même avec un tel investissement, on n’a toujours pas réglé la question du réseau et de l’approvisionnement. Il est fort à parier que les foyers concernés pas la précarité énergétique vont aller à la diminution de leur facture énergétique du bâtiment avant d'aller au remplissage du réservoir électrique.

L’investissement sur le réseau, et plus particulièrement le « réseau intelligent » (souvent dénommé smart grid) est une composante indispensable d’un bon plan climat. Or, le réseau est très souvent le grand oublié de ce genre de projet. Il demeure un bel enjeu à fournir la puissance nécessaire à charger les voitures quand il n’y aura pas besoin de fournir le chauffage ou la puissance demandé par l’industrie. De la même façon, il faudra que ce réseau puisse utiliser les batteries des voitures déjà chargées en journée pour combler les éventuels manques de production. Mais à ce jour, il n’est point connu de chiffrage permettant un tel réseau. Ceci est un investissement à additionner aux 104 Md€ de la précarité énergétique aux 100 Md€ de l’équipement des toitures des maisons susceptibles de devenir auto productrices, et au coût du démantèlement des 17 centrales !

 

Enfin le plan climat renvoie souvent aux territoires en tant que partenaires associés à ces financements. Cela me paraît une très bonne idée... à ceci près que le gouvernement à fait savoir que ces mêmes collectivités allaient devoir se serrer la ceinture de 13 Md€.

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En même temps, le Vert est dans le fruit

15 Juillet 2017 , Rédigé par Gérard Poujade Publié dans #Développement durable, #Pauvreté

Et bien voilà,

  1. Nous avons un nouveau président à la fois très autoritaire et très libéral.
  2. Les partis politiques se sont dézingués tout seul. Macron n’y est pas pour grand-chose.
  3. La communication va remplacer l’information.
  4. Notre politique serait et de droite et de gauche.
  5. Et Christophe Barbier nous vend toujours ses avis éclairés !

Je n’arrive pas bien à lire les commentaires politiques ambiants. Il paraît qu’il n’y a pas eu de mouvement de balancier. Si, si, en 2012, la France avait élu un candidat de gauche, du moins un qui se présentait-il comme tel. En2017, il y a bien eu un balancier politique, car a été élu en 2017, un président très à droite. Certes il est jeune, mais vieillot et libéral dans la tête comme rarement et bien à droite.

 

Maintenant voilà ce que l’on va vouloir nous faire croire :

  1. La théorie du ruissellement : En gros plus les riches sont riches, plus les pauvres en profiteraient, car les riches seraient obligés de dépenser, et les pauvres leur en sont tellement reconnaissants de vivre de ces miettes. La réalité est toute autre, plus les riches sont riches et plus il y a d’inégalités. Point à la ligne. La théorie du ruissèlement est fausse et elle n’a jamais été illustrée où que ce soit.
  2. Les allemands ou les américains auraient résorbé le chômage. Je ne sais pas comment nous nous sommes laissés embarquer dans cette quête du nombre de chômeurs. Le problème mondial et national n’est pas le chômage, mais la pauvreté. Et faire le lien entre les deux est une facilité qui est une erreur grossière. Il n’est qu’à regarder ce que se dépêchent de faire les nouveaux riches, c’est bien souvent d’arrêter de travailler. Cela ne concerne pas que la grande richesse, mais les héritages ou hasards de la vie qui permettent de vivre de ses rentes n’invite pas souvent à s’engager dans le bâtiment, les travaux publics ou les saisons agricoles. Aux Etats-Unis, la situation des inégalités est telle qu’une quantité incroyable d’américains ne s’inscrivent en tant que demandeurs d’emploi car ils ont abandonnés l’idée même d’un travail légal. Et ne jamais oublier qu’aux Etats-Unis plus de 0,5% (soit plus de 1% de la population active) de la population est en prison… C’est beaucoup de chômeurs en moins !
  3. On va nous écouter et prendre les bonnes idées de droite et les bonnes idées de gauche. Pour le moment, on a recruté les opportunistes de partis de gauches et de partis de droites pour en faire des laquets d’une politique économique libérale. Un ministre ex-socialiste, toujours maire de Lyon qui est dépourvu d’humanité envers les migrants. Un ministre de l’éducation de droite qui va créer quelques postes d’enseignants pour une promesse de campagne de classes divisées en deux. Mais nos élus godillots vont suivre notre président des riches sur une politique qui sera avant tout libérale… sauf pour la gouvernance qui, quant à elle sera juste autoritaire.
  4. Et enfin, il y aurait eu un formidable renouvellement. Renouvellement des têtes, c’est indéniable. Mais pour ce qui concerne les pratiques, on est juste retournés à un très faible niveau que seule la chambre introuvable de 69 avait proposé. En dehors de la compétence qui tarde déjà à se mettre en œuvre, c’est plus une culture de café du commerce qu’une culture politique qui semble présider à l’Assemblée.

 

Mais il y a des raisons d’espérer. D’abord, parce qu’il faut être positif et si l’on n’est pas positif dans ce monde où tout va toujours bien pour les riches et bien-portants, on est un rabat-joie. La raison d’espérer, la preuve que, en même temps, on peut être des deux bords, il y a un Ministre des accords de Paris qui est la véritable caution de l’ouverture. Et à y bien regarder, il n’y a guère que ce seul recrutement.

Nicolas Hulot – puisque c’est de lui dont il s’agit - a présenté son plan pour les 30 ans qui viennent, et effectivement, si ces objectifs sont atteints, nous serons en rupture avec les forces libérales présentes dans cette nouvelle façon libérale de diriger la France.

Nicolas Hulot n’a que 3 alternatives :

- démissionner si le gouvernement auquel il appartient lui paraît trop en décalage,

- Se contenter de faire uniquement de la communication et avaler des couleuvres,

- Réussir son plan climat, ce que je souhaiterais.

                      

Et ce ne sera pas facile !

Promettre sur du long terme n’est pas forcément une mauvaise idée. Certes, personne ne sera là – en poste - pour vérifier si les objectifs seront atteints. Pour cela, l’outil le plus important serait la batterie d’indicateurs qui permettraient de mesurer la progression vers ces objectifs.

Concrètement, si en 2040, il ne doit plus se vendre de moteurs thermiques pour nos voitures, il serait intéressant de mettre en place une échelle annuelle qui mesure s’il y a progression ou pas, si elle est réaliste ou pas, et enfin et surtout, si le chemin parcouru est réaliste… ou pas.

Mais à trop parler, on comprend que les choses vont se compliquer. Le Ministre de la transition énergétique veut fermer 17 réacteurs nucléaires, très bien. Mais il veut que toutes les voitures soient électriques d’ici 2040. Il va falloir trouver, entre autres indicateurs, la manière dont on va trouver les capacités de production pour charger toutes nos batteries.

Donc les indicateurs pour ces seuls objectifs devraient être :

  • Le nombre de réacteurs nucléaires fermés année après année.
  • La proposition du nombre de voitures à moteur thermique vendues année après année
  • La quantité d’énergie à produire pour ces nouveaux besoins et avec quels moyens de productions.

Je pense que ce n’est techniquement pas impossible, je pense que c’est politiquement possible. Mais, car il y a tout de même un mais. Il va falloir trouver les financements pour mettre en œuvre cette politique, ou formulé autrement, il faudra trouver quelles seront les nouvelles ressources, ou quels sont les autres investissements sur lesquels il faudra rogner.

 

Le point de rupture de la République en marche se trouvera là. Si les objectifs ne sont pas atteints ou paraissent insincères, la position de N. Hulot deviendra intenable devant les siens, les perturbateurs endocriniens, la remise à jour du nombre de réacteurs nucléaires, l’EPR, vont être les premiers renoncements d’une liste qui risque fort de s’allonger au point de ne plus pouvoir être supportable.

A partir de là, il ne restera plus de caution à l’intérieur du gouvernement, puis des « marcheurs ». Leur politique pourra être définitivement être considérer comme uniquement libérale, et en même temps… libérale.

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L’analyse de quelques circonscriptions qui décryptent l’électorat.

21 Juin 2017 , Rédigé par Gérard Poujade Publié dans #Pauvreté, #France

Au travers de quelques cas particuliers de circonscriptions, essayons de comprendre les ressorts de l’électorat. Le dégagisme, cela peut déjà avoir concerné la République en Marche. Et si le vrai problème était l’état de la pauvreté dans le pays ?

 

Connaissez-vous la quatrième circonscription de la Manche ? Si je vous dis le Cotentin, Cherbourg, vous voyez un peu mieux. Cette circonscription avait un député fort connu : Bernard Cazeneuve, qui ne se représentait pas. Vous ne connaissez pas Blaise Mistler et Sonia Krimi. Pourtant un regard sur cette parcelle de la France mérite un temps de réflexion. La République en marche investit son candidat officiel : Blaise Mistler. Fort mari de cette désignation dénoncée dans le presse comme une manœuvre d’appareil, le groupe local propulse une candidate en marche dissidente : Sonia Krimi.

Le premier tour se déroule comme prévu :

  • B. Mistler en tête avec près de 24 % avec 10.219 voix
  • S. Krimi 17% arrive seconde devant les formations nationales avec 7.261 voix
  • FN : 13,2%
  • PS : 13%
  • LR : 11,7 %
  • LFI : 10,6%
  • Aucun autre candidat en dessus de 5%

Et là, manifestement, il va se passer quelque chose à l’observation des résultats du second tour. Pour preuve :

  • Sonia Krimi : 15.636 voix soit 61%
  • Blaise Mistler : 10.028 voix soit 39 %

Plusieurs éléments sont intéressants. Le candidat officiel ne réunit pas une voix de plus. Pire encore il ne réunit pas ses électeurs de son premier tour, alors qu’il aurait du bénéficier de la dynamique de son arrivée en tête. Mais lorsque l’on observe la progression du nombre de voix de Mme Krimi, on peut se dire que toutes les formations politiques éliminées au premier on créé une sorte de font anti « en marche officiel ». C’est à croire que localement un vent de dégagisme a déjà concerné un membre de la République en Marche. Le comble, le vent de cette « révolte » était interne.

Un mot sur le dégagisme. Même si je l’ai employé à plusieurs reprises, je n’aime pas ce mot. Je crains fort qu’il porte une volonté profonde de dégager la démocratie. Ce mot dit trop le « tous pourris », ou « tous pareils ». Il y a un front de refus. Et ceux qui ont le plus dégagé, ce sont les électeurs qui à 57 % ne sont pas venus voter.

 

Poursuivons notre promenade législative par la première de la Somme. Là, on peut un peu mieux connaître c’est la circonscription d’Amiens, la ville de Macron. Ici aussi le résultat du second tour n’est pas forcément en corrélation avec le premier tour. Rappel des chiffres du premier tour :

  • REM : 34% avec 13.394 voix
  • LFI avec François Ruffin : 24,3% par 9.545 électeurs
  • FN : 19,94 %
  • LR : 13,4 %
  • PS : 7%
  • Les autres candidats ne dépassent pas les 2%

Dans l’absolu, la « réserve de voix » peut être imaginée dans les 2770 électeurs du parti socialiste, la « remontada » est juste impossible. Quid du second tour ?

  • LFI : 56 % avec 19.329 voix
  • REM : 44% avec 15.205 voix

Là aussi, un réflexe anti-REM a joué. Et le front du refus aura été très large. Il y a fort à parier que des électeurs de tous les candidats éliminés au premier tour auront contribué à la victoire de François RUFFIN. Il y a aussi fort à parier qu’une forte part des électeurs frontistes de premier tour n’aura pas hésité à se reporter sur le candidat Insoumis.

Il s’agit d’un contexte très différent de la Manche. Ce regroupement, n’aura pas été une règle nationale. Même si, un peu partout, le moindre résultat national provient aussi de ce refus de vouloir laisser les mains libres aux candidats investis d’en haut par « En marche ».

Le cas de F. Ruffin est emblématique d’un « contexte local ». Il est d’Amiens, mais surtout, personne ne peut lui dénier le droit d’être un défenseur des (vrais) gens du coin. Son film, son implication auprès des « petites gens » sont une preuve pour tous. Résultat aux scrutins : lors du premier tour les électeurs choisissent selon l’étiquette. François Ruffin passe l’écueil du premier tour. Et tout d’un coup. On a là la preuve d’un gars impliqué localement, face à un maire recyclé du PS à « En Marche ». Le score du PS du premier tour aurait du être un premier signal.

 

Enfin les candidats à la présidentielle. Tous les commentaires se sont focalisés sur les élections de J.L. Mélenchon et de M. Le Pen. Mais fort peu nombreux ont été les commentaires sur les réélections de Jean Lassalle et N. Dupont-Aignan. Dans ces deux derniers cas, ne serait-il pas question d’une autre forme de dégagisme. Leur score à la présidentielle témoigne de leur manque d’une ligne politique claire. Mais leur décalage les met en avant comme une variante antisystème, prouvant que l’on peut commettre à peu près n’importe quoi et être réélu. En fait seul Benoit Hamon n’aura pas capitalisé sur sa présidentielle. Candidat trop à gauche pour les socialistes historiques (ou revanchards), trop socialiste pour les électeurs locaux de la France insoumise, il lui aura manqué 90 voix pour savoir s’il pouvait battre la candidate REM dans une second tour plus ouvert qu’il n’y paraissait.

Mais est-ce vraiment le seul à ne pas avoir capitalisé après la présidentielle ? Parmi les signaux faibles qu’envoient les détails des élections, que faut-il penser de l’élimination de la belle-fille d’E. Macron au Touquet.

Arrêtons de nommer cela du dégagisme, mais cherchons à comprendre la conflagration politique en œuvre ici.

D’ailleurs est-ce uniquement en France que cette lame de fond de suspicion envers les démocraties se produit ?

Brexit, Trump, Erdogan, Orban, nationaliste polonais, la manipulation des électeurs pour pousser les plus démunis à ne pas voter pour laisser le champ libre à ceux qui vont les enfoncer plus encore dans la pauvreté et la précarité est inquiétante. Il faut souhaiter à tout gouvernement de réussir, car la vie réelle ne ressemble pas aux téléréalités des stars heureuses que les télévisions (ne pas appeler cela médias, merci) déversent dans tous les pays du monde. S’il y a un malaise, c’est celui de la pauvreté et son corollaire le plus grave celui des inégalités. Les gens ordinaires ont tous les jours la preuve sous leurs yeux de l’injustice de ce monde, de l’arrogance des puissants. Alors ils rejettent tout comme un immense complot. Le paradoxe est que notre pays, plus pauvre, plus inégalitaire s’est choisi une large majorité de représentants du peuple issus des catégories les plus aisées.

Il faut tordre le cou à cette idée que le chômage est le problème. Le problème est la pauvreté. Le raccourci qui lierait le taux de chômage à la pauvreté réelle d’une population est une fable qu’il faut sans cesse dénoncer.

Réussir, cela veut diminuer les inégalités, pas seulement réduire le taux de chômage.

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Recueil des bonnes nouvelles de ces dernières années.

2 Janvier 2016 , Rédigé par Gérard Poujade Publié dans #Développement durable, #Pauvreté

Recueil des bonnes nouvelles de ces dernières années.

Pauvreté :

La France classée 151 ème sur 162 pour la pauvreté. Tous les autres pays européens sauf l’Irlande « mieux » classés. Après cela, difficile de dire que notre système social serait à ce point en panne

http://www.indexmundi.com/g/r.aspx?v=69&l=fr

Avec 1homicide pour 100.000 habitants, soit 2 fois moins que la Finlande, 3 fois moins que la Lettonie et surtout 4 fois moins que les Etats Unis, la France parmi les pays les mieux classés dans le nombre d’homicide par habitant.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Classement_des_pays_par_taux_d%27homicide_volontaire

Avec 100 personnes pour 100.000 habitants en prison, c’est 5 fois moins que la Russie et 6 fois moins que les Etats-Unis qui concentrent 25 % de la population carcérale mondiale.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_pays_par_population_carcérale

Paru en décembre 2015 :

La France, pays, où l’on consomme peu d’antidépresseurs !

http://www.passeportsante.net/fr/Actualites/Nouvelles/Fiche.aspx?doc=panorama-consommation-antidepresseurs

la France quatorzième pays sur 193 pour l’espérance de vie...

https://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_pays_par_espérance_de_vie

La France 212 ème sur 22 pour la mortalité infantile.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_pays_par_taux_de_mortalité_infantile

Notre système de santé va-t-il si mal ?

Méfiez-vous de touts ceux qui vous disent que tout va mal, que nous sommes en guerre... ou les deux !

Ah oui, aux Etats-Unis, il ya 90 morts pas balles chaque jour... A quand un dépôt de plainte pour crime contre l’humanité contre le NRA ?

https://www.slate.fr/story/112179/texans-armes-visibles

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RT @InseeFr: #Pauvreté Qu'est-ce que le taux de...

8 Décembre 2015 , Rédigé par Poujade Gerard Publié dans #Pauvreté

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